L’égalité en matière d’héritage

Dîner-Débat

«Selon l’article 46 de la constitution, l’Etat est le garant de l’égalité homme-femme ainsi que des égalités des chances et des responsabilités. » C’était lors de son discours du 13 aout, fête de la femme, que le Président tunisien Béji Caïd Essebsi a lancé son initiative visant à garantir le même héritage aux femmes qu’aux hommes. Certes, une telle loi marquerait une césure, vu que le Coran prévoit qu’un homme hérite deux fois plus qu’une femme.

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Holger Dix, Manoubia ben Ghdahem

C’est cette initiative controversée qui était sujet du débat autour d’un dîner entre des politiciens, des juristes, des syndicalistes, des chercheurs et des activistes de la société civile invités par la Konrad-Adenauer-Stiftung Tunis et l’Observatoire Arabe pour les religions et les libertés (OARL), le 22 septembre 2017. Prof. Haddad, Président de l‘OARL, a ouvert le débat en rappelant les évènements majeurs de la politique récente, comme la réforme législative visant à la protection des femmes contre la violence et la nouvelle loi permettant aux femmes tunisiennes se marier avec des non musulmans. Le débat a trait principalement au passage de la constitution qui proclame que la Tunisie soit un état civil. Essentiellement, le discours actuel touche au champ de tension entre l’Islam en tant que religion officielle et l’identité civile du pays. Alors, la question d’héritage pourrait définir l’avenir de la jeune démocratie tunisienne. Dans ce contexte, l’importance historique du « Pacte Fondamental » de 1857 était soulignée car ce document a ancré l’égalité des citoyens. En plus, la réforme était identifiée comme une obligation morale afin que l’égalité hommes-femmes soit garantie. Vu que les femmes doivent payer les mêmes prix que les hommes dans tous les autres aspects de vie, elles méritent de recevoir le même héritage.

En outre, les participants ont illustrés les pertes économiques produites par l’inégalité entre les sexes. Des femmes directrices d’entreprises souffrent de pires situations initiales parce qu’un manque de réserves financières les empêchent d’obtenir des crédits bancaires. Le débat a également traité la meilleure façon de faire campagne dans la population pour un tel changement législatif. C’est avant tout les régions rurales qu’on devra persuader, parce que les conséquences d’une modification en matière d’héritage y seraient gravement perceptibles : dans les zones rurales, la plupart des travaux agricoles sont effectués par les femmes et une nouvelle loi d’héritage leur permettrait de posséder le terrain qu’elles cultivent. Par ailleurs, les écoles étaient identifiées en tant que lieux central d’un changement sociétal approfondi. Selon les experts, les bouleversements sociaux nécessitent un dialogue politique et une formation civique adaptée.

Auteur

Lucia Kremer

Série

Présentations & compte-rendus

paru

Tunisia, 4 Octobre 2017

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