Veranstaltungsberichte

La responsabilité du journaliste dans la couverture des élections locales pour la bonne gouvernance

Acte III de la décentralisation et bonne gouvernance

Organisé par la Fondation Konrad Adenauer, l'Association des Journalistes en régions frontalières et l'USAID-PGP, la formation destinée aux journalistes des régions frontalières du sud-est du Sénégal a mis le focus sur le rôle et la responsabilité des médias dans la couverture de la campagne électorale et des élections locales, mais aussi la bonne gouvernance et l'acte 3 de la décentralisation,présenté par Abib Léon Ndiaye, préfet de Kédougou. . Le but a été une sensibilisation des journalistes sur leur responsablitié dans le déroulement paisible des élections et dans la bonne gouvernance.

Journalisme en Régions Frontalières

« La responsabilité du journaliste dans la couverture médiatique des élections locales pour une bonne gouvernance dans les collectivités territoriales »

Rapport final de Adama DIABY et Abdoulaye Barro

Ce présent rapport retrace l’ensemble des activités réalisées au cours de la session de formation organisée par la Fondation Konrad Adenauer en partenariat avec le projet USAID/PGP et l’Association des Journalistes en Région Frontaliers(AJRF).

Cet atelier s’est déroulé les 12 et 13 mars 2014 à l’auberge Thomas Sankara de Kédougou.

1. Cérémonie d’ouverture

La cérémonie officielle d'ouverture a été présidée par M Habib Léon Ndiaye, préfet du département de Kédougou en présence des journalistes et correspondants régionaux venus de la région de Kédougou, de Tambacounda, Kolda, Diaobé, Bakel et Ziguinchor, des représentants de partis politiques entre autres.

Revenant sur les motifs de l’organisation de cet atelier, Mahamadou Lamine Barro, le secrétaire général de l’AJRF a précisé que « cet atelier est l’aboutissement d un processus de consultation et de concertation avec le projet USAID PGP, l’AJRF et la FKA ». « En effet, si les médias constituent un moyen puissant d’orienter le choix des citoyens, par conséquent, ils ont incontestablement un rôle fondamental à jouer dans la promotion de la démocratie et des droits humains.» a-t-il précisé avant de remercier la FKA et l’USAID/PGP pour leur appui constant pour la tenue de ce séminaire.

Mme Ute Bocandé, représentante adjointe de la FKA chargée de programmes n’est pas allée par quatre chemins pour présenter la Fondation Konrad Adenauer (FKA) qui soutient le Sénégal depuis 1976 dans de nombreux domaines dont la décentralisation, le développement de l’entreprise et la promotion de la citoyenneté. Elle n’a pas manqué de révéler que « C’est dans cette optique que nous coopérons aussi avec l’Association des Journalistes en Régions Frontalières. Depuis les événements malheureux de 2008, nous avons commencé à nous engager davantage dans cette région surtout avec la perspective de soutenir des initiatives porteuses de formation et d’éducation à la citoyenneté ».

Revenant sur le thème de ce séminaire, la chargée de programmes de la FKA dira « le choix de ce thème actuel n’est point fortuit. En effet, vu le rôle de relais et de multiplicateur très influent que jouent les médias au niveau des populations surtout dans les régions frontalières où l’accès à l’information est souvent difficile, il est important de former les journalistes sur tout ce qui a trait à la bonne gouvernance, au contrôle citoyen de l’action publique et à la couverture de la période préélectorale et électorale. Les journalistes, les médias jouent déjà un grand rôle dans la sensibilisation. En effet, vous n’êtes pas seulement des informateurs qui relayent les informations utiles aux citoyens, mais vous jouez aussi un rôle de vigile, de sentinelle. J’espère que Kédougou pourra contribuer au déroulement d’élections locales paisibles » a-t-elle précisé.

M Mamadou Habibou Diallo, le chargé de communication du programme a saisi cette occasion pour présenter l’USAID/PGP : « L’objectif de ce programme est de renforcer la gouvernance et la démocratie à travers 5 composantes, Transparence et recevabilité, Gouvernance locale et décentralisation fiscale, Participation citoyenne au processus électoral, Dialogue pour la stabilité sociale en Casamance … »

Il dira également que c’est un atelier qui entre en droite ligne des objectifs du PGP dans la mesure où les medias jouent un grand rôle dans l’instauration de la bonne gouvernance non sans évoquer les stratégies mises en place pour atteindre cet objectif.

Dans la mise en œuvre de ce programme, M. Diallo précise : « nous avions mis en place un groupe médias composé de la convention des jeunes reporters, du collectif des journalistes économiques et du réseau des journalistes anti corruption ».

Avant d’ajouter que « Beaucoup d’activités de renforcement de capacités des journalistes sur la transmission de messages de spécialistes sur des questions thématiques, sur la surveillance des élections ont été déroulées. Le thème de l’atelier est d’actualité puisque la responsabilité du journaliste est inséparable de la vérification de l'information » a-t-il précisé.

Procédant à la cérémonie d’ouverture officielle des travaux, le préfet Habib León Ndiaye a souligné qu’il « est de notoriété que le Sénégal ait pu gagner des combats démocratiques grâce à l'appui des journalistes. Les journalistes sont des aides pour l’instauration de la bonne gouvernance et de la transparence par la magie de la technologie. Les élections locales présentent des enjeux certains car il y a des intérêts de proximité à préserver .Ce sera un véritable combat de proximité. Cela permet aux différents acteurs d’avoir un accès médiatique équitable. Vous pourrez faire un travail de contrôle citoyen. Nous souhaitons que ce travail d’approche de l’administration soit perpétué et que ce travail soit fait en toute responsabilité. Très souvent il y a un regard critique sceptique qui règne sur les organisateurs des élections. Ces élections seront organisées dans le contexte de la parité ».

Il a également salué la présence des acteurs politiques ici présents avant de déclarer ouverts les travaux de l’atelier.

2. Éthique et déontologie du journaliste en période électorale

Hamidou Sagna, journaliste formateur, s’est fondé sur ses expériences et sur la chartre de Munich pour aborder ce thème d’une très grande nécessité pour les journalistes.

« Les élections de proximité seront traitées par des acteurs de proximité. Le journaliste de proximité ne connait pas tellement de succès comme en Allemagne. Le journaliste de proximité et l’homme politique qui partagent le même terrain ont une certaine familiarité. Cela peut empêcher le journaliste à traiter librement l’information. Le métier de journaliste est lié à l’éthique et à la déontologie. Nous pouvons faire abstraction de ces faits en restant liés aux principes qui régissent notre fonction ».

Il ajoute qu’Il faut publier simplement des informations dont la source est vérifiée. Ne jamais utiliser des méthodes déloyales pour soutirer des informations. S’obliger à respecter la vie privée des gens. Rectifier toute information publiée et qui s’avère fausse. Garder le secret de l’information, en garder la source de l’information. S’interdire la calomnie, le plagiat. Ne jamais accepter la fonction propagandiste. Garder le secret professionnel et éviter le bidonnage.

Tenir compte de la diversité des sources. Le papier doit être équilibré, il fait référence à des nuances. Le chapeau doit être incitatif et informatif. Il faut faire beaucoup d’efforts sur l'attaque ».

Autant de précisions qui ont suscité des échanges fructueux entre les participants. Un débat s’est par la suite instauré entre ces derniers et l’exposant. Des questions essentielles ont été soulevées :

Quelle devra être l’attitude du journaliste face à une information béton délivrée par une partie de la société ?

Quelles sont les caractéristiques d’une bonne interview ?

Comment vérifier cette information ?

Doit-on s’empresser de diffuser une information ?

M Sagna reviendra à la charge pour dire qu’il faut toujours faire appel à l’esprit observateur à l’esprit critique. Il faut simplement divulguer la source de l’information au directeur de publication et non au public. Il faut oser apprendre et travailler pour l'information juste et vraie. C’est important que les correspondants régionaux se forment. Le journaliste ne doit pas accepter la corruption. C’est formellement proscrit …».

3. Baromètre la bonne gouvernance

M Moussa Faye, le responsable de la gouvernance locale du programme USAID/PGP a décliné quelques stratégies mises en place pour améliorer la bonne gouvernance au niveau des 12 collectivités locales ciblées par ce programme

« L’USAID/PGP a soutenu ces collectivités locales dans l’organisation de plusieurs sessions de renforcement de capacités. Celles-ci ont permis aux élus locaux de disposer de capacités techniques regroupées au sein de groupes techniques de suivi ou GTS. Des résultats satisfaisants ont été obtenus dans la gestion de l’environnement (gestion des ordures) par rapport au baromètre de la bonne gouvernance. Dans tout le processus, c’est la collectivité locale qui définit la priorité, on l’accompagne dans ce sens. Des lots d’équipements informatiques, de mobiliers et de fournitures de bureaux ont été mis à la disposition des différents GTS afin de renforcer leurs capacités d’intervention pour l’instauration de la bonne gouvernance dans les collectivités locales » a-t-il fait remarquer.

4. Acte 3 de la décentralisation

M Habib Léon Ndiaye, préfet de Kédougou, loin de ses fonctions, s’est mis dans la peau d’un consultant pour traiter de deux sujets d’actualité. Il s’agit de l’Acte 3 de la décentralisation, les enjeux des élections locales dans le contexte de l’acte 3 de la décentralisation et de la parité absolue.

« C’est une reforme politique introduite par Macky Sall le 7 juin 2012. Il en a fait un bilan de la décentralisation et le lancement officiel. Ensuite le 19 mars 2013 il y a eu la mise en place comité national de pilotage. Il s’agit à travers cette réforme d’organiser le Sénégal en territoires viables et porteurs de développement durable. Partir des territoires fonctionnels pour promouvoir la décentralisation. Renforcer la territorialisation »

Pourquoi des motivations formelles ?

« Avec l’Acte 1, la réforme 1972 a permis la création de la communauté rurale, ensuite l’Acte 2 réforme de 1996 installe la région en tant que collectivité locale. Avec l’Acte 3, il faut partir de la réalité territoriale puisque il y a eu jusque là un problème de coordination des interventions… »

Reformes introduites par l’acte 3

« Moyens de refondation de l’action territoriale de l’Etat, faire des territoires les leviers de développement du territoire ; faire une bonne politique de planification et d’aménagement du territoire, il permettra de faire un ancrage de la cohérence territoriale ; la Clarification des compétences entre l’état et collectivités locales; une contractualisation entre l’état et collectivités locales; modernisation des ressources »

Mise en œuvre de l’acte 3

« Deux phases sont prévues. Il sera mis en œuvre en deux phases, à la phase 1, on ne touchera pas aux limites, on va supprimer la région en tant que collectivité locale, ériger les départements en collectivités locales. C’est la communalisation intégrale avec le maintien de la ville. On va répartir les 9 domaines de compétences entre les départements. A la Phase 2, il y aura la création des pôles territoires (Sénégal Oriental, Casamance, Thiès, Diourbel Louga, Cap vert, fleuve)»

D’un point de vue personnel, Habib Léon Ndiaye pense que pour réussir cette reforme, il va falloir relever un certain nombre de défis.

Défis

« La résorption des déséquilibres territoriaux-le renforcement les moyens économiques et techniques des collectivités locales- l’identification des niches de recettes, l’externalisation de la question de l’emploi, la capacitation des élus, la lisibilité de la collectivité locale, le contrôle citoyen et les évaluations périodiques. »

Enjeux des élections locales

Présentant un exposé sur le sous-thème « Parité et Acte 3 de la décentralisation, incidences sur les élections locales », M Ndiaye a fait une analyse sans complaisance de la situation qui va prévaloir pendant les prochaines élections locales.

« Il faut que les femmes puissent s’engager politiquement sinon elles ne serviront qu’au remplissage des listes électorales… » C’est le point de vue de M Habib Léon Ndiaye,

« L’application de la parité dans l’Acte 3 de la Décentralisation va garantir aux femmes une égale représentativité aux instances de prise de décisions. Le choix se portera essentiellement sur des hommes et des femmes dans le respect de la parité. Il faut que les femmes puissent s’engager politiquement sinon elles ne serviront qu’au remplissage des listes. Les femmes doivent occuper les têtes de listes et éventuellement être formées sur la conduite des affaires locales » a-t-il laissé entendre.

Loin de ces défis que la gent féminine est appelée à relever, le conférencier s’est également appesanti sur la posture que les électeurs doivent adopter pour faire un bon choix des candidats, futurs élus qui vont porter la politique de développement des différentes collectivités locales au sortir de ces échéances électorales.

Qualité des candidats à élire

« Les électeurs devront adopter certaines postures par rapport au profil des candidats à élire. Ils doivent porter le choix sur des élus qui font preuve d’un engagement patriotique et d’ancrage local. Et éviter autant que faire se peut les élus absentéistes, veiller aux capacités managériales des élus. Il sera impératif d’avoir des élus qui puissent défendre les intérêts de la collectivité » a-t-il précisé.

Jour 2

Au deuxième jour du séminaire, les différents participants ont été répartis dans 4 groupes pour les besoins des exercices pratiques sur le terrain.

Groupe 1 : Domaine fluvial et gestion foncière

Groupe 2 : Ordures et environnement

Groupe 3 Conseil municipal

Groupe 4 : marché central surfaces corrigées

Un débat a suivi la présentation des travaux de groupes. M Hamidou Sagna a stabilisé les différentes interventions afin de permettre à chacun de tirer profit.

Cette formation utile s’est terminée, lors de la cérémonie de clôture, avec la présence de femmes et d’hommes politiques dont M Mamadou Cissé, le député du département de Kédougou, qui a profité de l’occasion pour saluer cette belle initiative.

« Je suis satisfait de votre volonté à renforcer les capacités des journalistes qui vont nous accompagner. Cette formation leur permettra d’assumer pleinement leurs responsabilités dans la marche de la démocratie. Si les journalistes sont bien formés, tout le monde en tirera profit. Les enseignements tirés de cette formation permettront aux journalistes d’orienter les élus vers le droit chemin. Je vous félicite pour cet engagement ».

Il y’a eu également la participation de monsieur Lesseyni Sy, responsable politique de l’APR à Kédougou et par ailleurs président du conseil d’administration de l’Agence Nationale de l’Aquaculture (ANA). En tant qu’ancien professeur d’éthique au lycée Technique et Industriel et Minier de Kédougou, il a apporté une contribution de taille dans ce sens en exhortant les journalistes d’être à équidistance des chapelles politiques.

Une remise des attestations a mis fin à cet atelier de formation de deux jours.

Adama Diaby

Abdoulaye BARRO

Journalisten in Grenzregionen: Aufbrauch zur Reportage kasdakar