Veranstaltungsberichte

Responsabilité des journalistes en période électorale

Séminaire de réflexion

La Fondation Konrad Adenauer et l'Association nationale des communicateurs catholiques a organisé un séminaire de réflexion sur la responsabilité des journalistes en période électorale. La rencontre était présidée par l'évêque de Kaolack, Mgr Benjamin Ndiaye, et animé par le Dr. Kues et Prof. Eugénie Aw. Ici nous proposons la communication du Dr. Kues

« L’importance du sens de la responsabilité et des valeurs des médias dans le contexte électoral »

Communication du Dr. Hermann Kues

Séminaire avec s’Association des Communicateurs Catholiques

le 5 décembre 2011

Procure

Son Excellence Monseigneur Benjamin Ndiaye, Evêque de Kaolack,

Monsieur le Directeur des Œuvres diocésaines,

Madame la représentante résidente de la Fondation Konrad Adenauer,

Madame la présidente de l’association des communicateurs catholiques,

Je suis rempli de joie de pouvoir vous parler aujourd’hui et je voudrais remercier cordialement la Fondation Konrad Adenauer de m’avoir invité.

Je voudrais parler de l’importance du sens de la responsabilité et des valeurs des journalistes dans le contexte électoral.

Une communauté vit du fait que les personnes qui la composent s’impliquent et la façonnent, qui ont leur mot à dire. Lors de mes communications en Allemagne, j’aime bien parler d’une différence entre habitant et citoyen. Un habitant est enregistré à l’état civil, mais un citoyen se sent responsable et faisant partie des citoyens.

Nous avons également besoin de personnes qui ont le courage d’évoquer des thèmes difficiles, de développer de nouvelles idées et de mener les débats publics en sorte que le maximum de personnes puisse y participer. Dans ce contexte, les journalistes jouent un rôle clé.

En tant qu’homme politique en Allemagne, je me rends compte qu’à l’approche d’échéances électorales, les populations ont beaucoup d’espoir et d’attentes vis-à-vis des hommes politiques. Il est souvent difficile de satisfaire ces attentes. Dans ce cas, la déception est grande. Les journalistes ont le devoir de créer une certaine balance entre les attentes de leur public et les besoins et réalités d’un système politique. Il est bon d’accompagner des décisions politiques de manière critique. Dans le même temps, des fois je souhaiterais que les journalistes éclairent davantage l’arrière fond, c'est-à-dire les causes et raisons pourquoi et comment une telle ou telle décision politique a été prise. Dans ce sens, les journalistes ont une grande responsabilité.

Etant un homme politique, j’essaie toujours d’avoir une relation de confiance avec les journalistes. Pour moi, il est important d’être sincère tous les deux et de respecter l’opinion de l’autre.

2. Une société a besoin d’orientation

Une démocratie a besoin de personnes qui se sentent responsables, qui assument leur responsabilité. Les personnes faisant partie de ces élites de responsabilité sont compétentes dans leur domaine, mais il se pose également la question de savoir comment il peut s’engager pour la cohésion et l’avenir de la société.

Je suis convaincu que des valeurs peuvent faire fonction d’un fil conducteur dans la société et contribuer de manière décisive à la construction d’une communauté viable.

Posons-nous les questions suivantes :

Où voulons-nous aller en tant que société ?

Comment voulons nous façonner l’état, l’économie, la société ?

En Allemagne, en posant ces questions, on parle souvent d’abord des questions de la croissance économique et des places de travail. Mais dans mes yeux il ne faut pas parler primairement de questions économiques, mais aussi des questions sociétales t des valeurs. Comment voulons-nous vivre demain ?

Le schéma pour mes actions politiques et la doctrine sociale de l’église.

3. Principes de la doctrine sociale de l’église

(1) La doctrine sociale de l’église a une image spécifique de l’homme dont découle sa représentation de la société.

Chaque homme a sa dignité. Il est, comme il est, voulu par Dieu.

Ainsi il possède une dignité inaliénable et des droits de l’homme inaliénables.

En appliquant ce principe dans le travail politique, cela veut dire : Chaque homme a des talents et nous devons donner à chacun des chances équitables de développer ses talents, sans considérer son sexe ou sa religion ou son appartenance ethnique.

Etant donné que l’homme est créé à l’image de Dieu, la création a été confiée à l’homme. Ce que nous faisons aujourd’hui, ou ce que nous omettons, n’influe pas seulement sur notre vie aujourd’hui, mais aussi sur l’avenir de nos enfants et de leurs enfants. Notre responsabilité est beaucoup plus vaste qu’elle ne l’a jamais été dans l’histoire de l’humanité.

L’idée directrice de la doctrine sociale de l’église est la priorité du bien commun devant l’intérêt individuel. La démesure d’individus est du poison pour le climat de la solidarité et du bien commun.

(2) Comment il faut imaginer un ordre social basé sur ces idées directrices et sur la base de cette représentation de l’homme ? Comment peut-on la façonner de manière juste et équitable ? Que peut signifier la politique tenant compte de la responsabilité chrétienne et quels sont les effets ?

Une politique stimulée par la responsabilité chrétienne est marquée par la combinaison de deux éléments. Il s’agit de la liberté personnelle et de la responsabilité vis-à-vis de la société. La subsidiarité suppose la responsabilité individuelle. Elle compte sur l’homme et son potentiel, elle fait confiance en ses capacités et en sa personne. L’individu, la famille, la communauté locale sont tout d’abord responsable d’eux-mêmes. Toutes les décisions et les actions que les hommes peuvent mettre en œuvre sur place, il faut véritablement les prendre et les mener sur place.

Le principe de la solidarité par contre part du fait que tous les hommes ne sont pas à même, dans la même mesure, à prendre leur vie en main.

Il y a des personnes qui ne peuvent pas mener pleinement une vie auto déterminée, pour des raisons variées : que ce soit par la misère personnelle, la maladie, l’âge ou un échec.

En ce moment entre en jeu la conviction de base chrétienne, conviction de l’égalité et de la dignité de tous les hommes. Un homme reste un homme – même s’il est malade, vieux ou faible, même quand il commet des erreurs et se trompe.

On vise le but de donner à chacun une chance équitable, de faire éclore ses talents et de faire le mieux possible de soi même.

(3) Le modèle économique qui relie ces deux principes est l’économie sociale de marché. Je suis convaincu que le marché seul ne crée pas de solidarité. Il lui faut des règles contraignantes. C’est seulement à ce moment que tous peuvent participer de manière équitable à la prospérité.

L’économie de marché s’est avéré le seul système garantissant l’approvisionnement avec des biens de qualité à des prix abordables et créant en même temps une valeur ajoutée pour une péréquation sociale entre les plus riches et les plus pauvres.

L’idée centrale de l’économie sociale de marché s’intitule ainsi : Promouvoir les forces positives du marché, garantir dans le même temps la protection des personnes socialement plus faibles et créer des conditions cadre pour une juste péréquation. C’est dans ce sens qu’il faut réguler le jeu libre des forces du marché.

C’est ainsi que nos amis Ghanéens appellent l’économie sociale de marché « Market Economy with a human face ».

Les règles ne sont pas faites pour donner la prime position à la personne avec le moins de scrupules. Il faut sanctionner la fraude, la corruption, l’enrichissement illicite, l’escroquerie, l’exploitation et l’espionnage des employés.

La justice de participation signifie que les participants du marché moins forts ont d’égales chances sur le marché et que l’économie se déroule en sorte que les profits bénéficient de manière durable aussi aux générations futures. Ces deux tâches n’incombent pas seulement à l’état, mais aussi aux entreprises.

Au fond, il s’agit de résoudre les problèmes de la société par une balance équitable entre la solidarité et la liberté, entre la responsabilité individuelle et la responsabilité de l’état social.

4. Globalisation et responsabilité

La crise économique et financière nous tient toujours en haleine. Il y a beaucoup d’indices qui préconisent, à côté d’un meilleur contrôle financier et des conditions de garantie plus solides, aussi un changement de la mentalité des acteurs. Plus de sens de responsabilité, plus d’humilité et moins de maximisation de profits à tout prix, plus de sens de l’équité sociale. Ce sont des vertus avec lesquelles l’économie sociale de marché a atteint ses succès. Elles doivent jouer un rôle décisif dans le développement d’une nouvelle architecture financière mondiale.

Les moyens sont disponibles, les moyens rendant possible une existence digne partout sur la terre et de créer dans le même temps les bases de la vie des générations futures. Nous avons besoin de la volonté de les utiliser au profit des pauvres d’aujourd’hui, c'est-à-dire d’une redistribution des moyens.

Dans le même temps, et après beaucoup d’années de coopération pour le développement, nous avons tiré un enseignement : les moyens publics seuls ne suffisent pas pour garantir de manière durable l’équité sociale et le développement. Ces deux facteurs peuvent être atteints seulement en garantissant des conditions cadres : un état fonctionnel et démocratique avec des structures solides d’un état de droit qui respecte les droits humains.

On peut combattre la pauvreté de manière durable dans les pays en voie de développement en améliorant l’activité économique et en accélérant la croissance économique. Dans le même temps, il faut que nous Européens nous remémorions notre responsabilité : Concrètement cela veut dire que nous devons faciliter l’accès des produits et des services africains aux marchés internationaux, surtout agraire, à des conditions d’échange équitables. C’est seulement de cette manière qu’une croissance économique durable peut commencer en Afrique aujourd’hui.

5. Je voudrais vous encourager à vous familiariser avec et à discuter les principes de la doctrine sociale de l’église.

Les principes de la doctrine sociale de l’église sont universels. Ils sont valables pour chaque homme.

Chaque homme a sa dignité.

Chaque homme a des talents et des capacités qu’il peut mettre au profit de la communauté.

Chaque homme a besoin d’une chance équitable de faire valoir ses talents.

Il est important, que toutes les religions restent dans le dialogue. Il est également important que nous discutions sur les particularités du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest d’une part et de l’Allemagne et de l’Europe d’autre part.

Je vous encourage à la discussion et vous remercie de votre attention.

Kues m katholischen Journalisten 1 U G Bocandé