Titre unique

Guide politique pour les jeunes

de Abir Ibourk
Durant les deux dernières décennies, le Maroc a connu des changements politico-administratifs importants. Les mutations démographiques, sociales et économiques ont contribué à l’apparition d’une dynamique sociale avec des revendications centrées essentiellement sur les libertés et les droits économiques et sociaux.

Ainsi, le Maroc s’est vu dans l’obligation de revoir ses manières de gestion de la chose publique. Dans ce sens, un ensemble de chantiers ont été ouvert dans l’ambition d’élaborer un nouveau modèle de développement et de trouver des réponses pratiques susceptibles d’atténuer la tension sociale. Les audiences avec les parties prenantes ont conduit à une révision de la constitution.

Tel que formulée, la constitution a apporté des ajouts qualitatifs notamment en matière de droits. En effet, dès son préambule, le texte adopté en 2011 dispose explicitement que « (…) le Royaume du Maroc poursuit résolument le processus de consolidation et de renforcement des institutions d'un Etat moderne, ayant pour fondements les principes de participation, de pluralisme et de bonne gouvernance. Il développe une société solidaire où tous jouissent de la sécurité, de la liberté, de l'égalité des chances, du respect de leur dignité et de la justice sociale, dans le cadre du principe de corrélation entre les droits et les devoirs de la citoyenneté. ».

Conjugué à quelques autres raisons, l’essoufflement du mouvement de revendication, qui a enclenché la réforme, a rendu la mise en œuvre de la constitution et l’opérationnalisation de ses dispositions plus compliquées et plus lentes que prévu. Pour rattraper le retard cumulé dans la promulgation des lois organiques et des textes d’application, les autorités publiques élues ont mis l’essentiel de leurs efforts sur des aspects qu’elles ont jugés prioritaires. Ainsi, il a été remarqué que, faute de temps, la mise en œuvre de la constitution a, de manière globale, été entachée par des manquements qui, parfois même, nuisent à l’esprit de la constitution.

Partant de cette lecture, le présent guide a été élaboré avec en point de mire comme objectifs :

Contribuer à la mise en œuvre effective de la régionalisation avancée en mettant à la disposition des responsables régionaux un outil de planification visant l’amélioration des processus de préparation des Plans de Développement Régionaux (PDR) ;

Améliorer le rôle et la place des jeunes dans les processus de développement régionaux en renforçant leurs capacités à agir et interagir avec les politiques au niveau des régions.  

Globalement, ledit guide traite deux dimensions principales dans la gestion du développement au niveau régional à savoir : la place et le rôle des jeunes à travers le droit à la participation et la prise en charge de la dimension « jeunes » dans le processus d’élaboration du Plan de Développement Régional (PDR).

Ainsi, concernant la participation, le guide à mis en exergue les différentes formes juridiques de participation. Il a, dans ce sens, mis en lumière les différentes formes et espaces juridiques consacrés à la participation au niveau national et régional :

Au niveau national le guide a exposé les 4 principaux espaces à savoir :

Les élections en tant que forme de participation ; 

Les pétitions adressées aux Présidents des deux chambres du parlement et au chef du gouvernement ;

Les motions adressées aux autorités publiques ; et

L’adhésion aux instances constitutionnelles comme le CNDH, CIPC, l’Instance d’équité et d’égalité, etc..

Au niveau régional :

Les 3 instances de concertation disposées par la loi organique sur les collectivités territoriales ;

Le plan d’aménagement territorial ;

Les pétitions et les autres formes pacifiques d’expression.    

S’agissant de la 2ème partie du guide, le travail a été centré sur comment avoir une politique régionale des jeunes. La réponse à cette question s’est heurtée à deux principales questions :

La première concerne la définition du « jeune ». Faute de définition officielle, le guide avait le devoir de donner un bref aperçu sur comment la question a été appréhendée par des pays et que peut-il proposer à cet effet.

La seconde question est relative à la nature de la politique recherchée ; faut-il penser d’une politique indépendante du Plan de Développement Régional ou d’une politique intégrée avec des spécificités ?

Pour ce qui est de l’âge des jeunes, le guide s’est inspiré des définitions adoptées par les organisations du système des Nations Unies et par quelques pays, est a proposé la tranche entre 18 et 29 ans.

Concernant la nature de la politique, le guide a opté pour une politique des jeunes intégrée dans le PDR. Ce choix n’est pas arbitraire pour deux raisons :

La juridiction en vigueur et notamment la loi organique 111-14 et ses décrets d’application, obligent les Conseils des Régions à restreindre leurs investissements aux activités prévues par les plans établis pour la durée de leur mandat.

La diversité des besoins des jeunes interpelle des secteurs sur lesquelles les Conseils des Régions n’ont aucune emprise. Hors des ententes issues des discussions au moment de la planification, la collaboration entre les services déconcentrés de l’Etat et les Conseils des Régions n’est pas toujours évidente.  Malheureusement, lesdits services perçoivent encore les régions comme un bailleurs de fonds et non comme un acteur de développement à part entière.     

De ce fait, le guide a adopté une approche séquentielle pour expliquer les processus de préparation des PDR et montrer, à chaque étape, ce qui devrait être fait et comment le faire pour assurer une prise en compte des besoins et des droits des jeunes dans les PDR.

 

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