Séminaire

Atelier de sensibilisation sur l’exercice de la liberté de manifestation.

Comment éviter les violences entre les jeunes et les autorités locales.

La Fondation Konrad Adenauer et la CNDH ont organisé un atelier de sensibilisation des jeunes à l’exercice de la liberté de manifestation afin d’éviter les violences entre les jeunes et les autorités locales.

Détails

La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), qui a été institutionnalisée en 2013 sur base de l’article 222 de la Constitution, est une institution d’appui à la démocratie, chargée de la promotion et de la protection des droits de l’homme en République Démocratique du Congo. Elle a non seulement pour mission de faire connaître aux citoyens leurs droits fondamentaux mais elle fait aussi la promotion de l’éducation civique et de la culture des droits de l’homme pour une meilleure conscience citoyenne. Elle veille à l’application des normes juridiques nationales et des instruments juridiques régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’homme, ratifiés par la République Démocratique du Congo. Dans le cadre de ses missions, la Fondation Konrad Adenauer et la CNDH ont organisé cet atelier.

Intervenant au nom du Représentant Résident de la KAS empêché, le Prof. Dr. Pamphile Mabiala Mantuba-Ngoma, Coordinateur National de la KAS, a dans son mot de bienvenue salué le partenariat entre la CNDH et la KAS et souligné que cet atelier de dialogue politique n’inscrit dans le prolongement des projets réalisés par la KAS, avec l’appui de la Commission Européenne, sur la promotion de la liberté associative en RDC et sur le dialogue entre acteurs étatiques et non étatiques. Un dialogue entre jeunes des partis politiques et de la société civile, avec des acteurs étatiques était nécessaire pour promouvoir une société apaisée et civilisée.

Le Président de la CNDH, Me Mwamba Mushinkoke a fait le diagnostic de la situation présente et a relevé le fait qu’il régnait un climat de méfiance entre acteurs politiques de la majorité et de l’opposition, entre acteurs étatiques et acteurs politiques, entre acteurs étatiques et animateurs des organisations de la société civile. Les acteurs politiques de majorité jouissent de plus de liberté de manifestation publique que ceux de l’opposition. Les leaders de l’opposition et de la Société Civile se soucient très peu du respect de la légalité. Il a, par ailleurs, souligné que, lors d’une manifestation publique, la responsabilité incombe à la fois aux organisateurs pour encadrer leurs militants, aux autorités politico-administratives et aux agents de l’ordre chargés de la protection des personnes et des biens.

M. Halidou Ngapna, Coordonnateur du Bureau de Terrain de Kinshasa du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme a expliqué aux participants les principes qui fondent un Etat démocratique et les droits, devoirs et libertés garantis par la Constitution. Il a non seulement insisté sur les obligations de l’Etat à garantir aux citoyens la pleine jouissance de leurs droits et libertés mais également les devoirs et obligations des citoyens lors des manifestations publiques.

Le Commissaire Supérieur, Colonel Mwana Mputu, Directeur-Chef de Service de l’Information et de la Communication de la Police Nationale Congolaise, a expliqué les fondements juridiques des manifestations publiques en droit international et en droit national avant d’élucider les rôles dévolus aux différentes autorités légalement investies du pouvoir de maintien de l’ordre public. Enfin, il a présenté quelques motivations profondes des hostilités que l’on rencontre lors des manifestations publiques en RDC.

Le troisième intervenant, M. Papy Pungu, 1er Vice-Président de la Ligue des Jeunes du Parti du Peuple pour la Reconstruction et le Développement (PPRD), a parlé des obligations des organisateurs et des manifestants dans l’exercice de la liberté de manifestation.

Le quatrième intervenant était l’Honorable Juvenal Munubo, Député National de l’Opposition, qui a exposé sur le régime de responsabilités civile, pénale et disciplinaire des faits commis aussi bien par les organisateurs et les manifestants que par les agents de l’ordre.

Le dernier intervenant était Me Sylvain Lumu, Secrétaire Technique Adjoint de la Commission Nationale des Droits de l’Homme qui a, à nouveau, insisté sur les diverses obligations constitutionnelles, légales et réglementaires et sur les principes qui fondent l’exercice de la liberté de manifestation en RDC.

Les travaux en atelier étaient repartis en deux groupes. Le premier groupe, composé des leaders des jeunes de la Majorité et de la Société Civile, avait pour tâche d’identifier les causes profondes des violences constatées lors des manifestations publiques et de rechercher les pistes de solution. Le second groupe était composé des leaders des jeunes de l’Opposition et des Mouvements Citoyens en essayant de répondre à la question de savoir comment lutter contre l’impunité des violences souvent commises lors des manifestations publiques.

A la fin des travaux, il a été recommandé la vulgarisation des textes, l’amélioration de la communication entre les organisateurs des manifestations et les autorités locales afin de réduire le climat de méfiance et encouragé le respect des instructions relatives à l’encadrement des manifestants. De plus, la mise en place d’un cadre permanent de communication entre les organisateurs des manifestations et les autorités locales, et la dénonciation par les victimes d’actes de violence lors des manifestations pourraient contribuer à améliorer la situation. Le Président de la CNDH a enfin souhaité que de telles rencontres soient organisées dans toutes les provinces.

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Lieu de l'événement

Kinshasa