Arbeitspapiere

La sécurité sanitaire à l’horizon 2025 : vision et manœuvre stratégique.

Olfa Béji

Une volonté politique ferme, des engagements concrets et une capacité d’adaptation de l’appareil étatique répondant aux besoins de la population en matière sanitaire s'imposent.

Covid-19, cette véritable rupture dans le cours de l’histoire, a révélé les profondes vulnérabilités du système tunisien de santé. La pandémie a également érigé la santé en tant que secteur économique d’avenir. Dans ce contexte, l’Institut Tunisien des Eudes Stratégiques ITES et la Konrad Adenauer Stiftung (KAS) publient l’étude « La sécurité sanitaire à l’horizon 2025:vision et manœuvre stratégique », qui s’est étalée sur 6 mois. Le plan de sortie de crise proposé par cette étude s’inscrit, à l'horizon 2025, sous forme d’un plan d’actions, dans une démarche pluridisciplinaire consistant à combiner plusieurs fonctions pour assurer une sécurité sanitaire globale et durable.

Cette crise aura mis en exergue le rôle primordial du Ministère de la Santé mais aussi celui des autres secteurs et acteurs pour ériger « la santé dans toutes les politiques publiques » en considérant la santé comme contributrice au développement humain et économique du pays et non comme une charge. En effet, la réforme du système de santé est nécessairement un processus permanent qui ne doit pas être séparé ni de son coût économique, ni de son apport au développement.

L’épidémie de la Covid-19 a également révélé que la mobilisation des connaissances, l’innovation et l’anticipation doivent être une des préoccupations majeures dans l’élaboration des politiques publiques. C’est un enjeu majeur de résilience et de souveraineté qu’il convient de maîtriser, car il n’y a pas de stabilité sans sécurité sanitaire, tout comme il n’y a pas d’autonomie sans une production nationale.

En effet, assurer la sécurité sanitaire du citoyen tunisien est devenue une nécessité incontournable compte tenu de la multiplication et de la diversification des risques et des menaces.

Rappelons que dans le cadre de l'étude« la Tunisie face à la covid-19 à l’horizon 2025 : fondements d’une stratégie conciliant l’urgence du court terme et les impératifs du moyen terme », la démarche a été construite sur:

•             une vision à l’horizon 2025 avec six objectifs stratégiques à atteindre : (i) Promouvoir la santé et la sécurité sanitaire, (ii) Mettre l’accent sur l’équité, (iii) Promouvoir les soins centrés sur le patient et garantir la qualité, la sécurité et la pertinence des soins, (iv) Optimiser l’efficience, (v) Améliorer la réactivité et promouvoir la participation, (vi) Des ressources humaines compétentes, disponibles, réactives et productives ;

•             une stratégie permettant sa matérialisation dans le cadre d’un scénario souhaitable et réalisable à l’horizon 2025 ;

•             un plan d’actions exprimé sous forme de 121 mesures opérationnelles permettant la mise en œuvre de chaque orientation stratégique.

Ainsi, cinq macro-concepts clefs couvrant le champ très large de cette vision et cartographiant le système national de santé (SNS) ont été identifiés : (i) Gouvernance et leadership, (ii) Prestations de soins et services, (iii) Formation, développement des compétences et recherche, (iv) Santé, facteur de développement et (v) Sécurité sanitaire.

Le socle de cette vision se construira à travers un SNS centré sur les besoins et priorités de la population, équitable, efficient et garantissant la promotion de la santé et de la sécurité sanitaire du tunisien.

La grande question qui demeure est la suivante : comment assurer, par des mécanismes viables et pérennes, la satisfaction du droit constitutionnel à la santé pour tous les citoyens et protéger la santé publique en cas d’urgence nationale ?

L’analyse systémique du SNS a montré qu’il est confronté à deux catégories de défis :  des défis imposés par de nombreuses transitions, en particulier démographiques, épidémiologiques, sociales, communautaires, culturelles et technologiques et des défis en rapport avec la qualité, le coût et le financement des services de santé, avec un budget et des possibilités limités. Dans de telles conditions, le SNS montre des signes de faiblesse, malgré des réalisations remarquables, qui ont commencé à se manifester pour aboutir à une sorte d’essoufflement après l’embellie connue jusqu’aux années 2000.

L’analyse rétrospective montre une marginalisation de la santé publique et du système de santé durant les deux dernières décennies. La répartition géographique de l’offre des soins est déséquilibrée, en faveur des villes côtières et au détriment des villes du nord, du centre et de l’ouest où les indicateurs de développement social et économiques sont les plus faibles. Elle montre aussi l’absence d’une approche participative incluant le patient, un faible système d’information, un financement limité et un investissement dans la recherche et les ressources humaines loin de répondre aux besoins dictés par la conjoncture. L’industrie pharmaceutique, bien que prometteuse, reste d’une part orientée vers une logique commerciale éloignée de celle de la santé publique, et d’autre part n’est pas intégrée dans les politiques publiques en termes d’autosuffisance en produits pharmaceutiques, en disposi-tifs médicaux et industries connexes (emballages cartonnés, plastiques et en verre) et d’exportation. La couverture de la population contre le risque maladie montre aussi des inégalités puisque environs 2 millions de Tunisiens ne disposent pas de couverture sanitaire. Ces disparités et ces inégalités d’accès aux soins ont favorisé la vulnérabilité à la corruption, la mauvaise gouvernance et le sentiment d’impunité en plus de l’anarchie et de l’absentéisme qui sont une forme de corruption.

La Politique Nationale de Santé (PNS) et le projet de la Couverture Santé Universelle (CSU), lancés depuis 2014 dans le cadre du Dialogue Sociétal, n’ont pas constitué une priorité pour les gouvernements successifs dont les actions n’ont pas dépassé les déclarations de bonnes intentions, en dépit de l’adoption en avril 2021 de la PNS.

 

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