Éditeur d'actif

Comics "Afrique citoyenne"

SIDA - l'espoir est permis. La lutte contre la stigmatisation des porteurs du VIH

Afrique Citoyenne N° 18

« SIDA – l’espoir est permis » met en scène l’histoire d’une jeune femme enceinte atteinte du HIV. La bande dessinée donne en même temps toutes les informations utiles sur les modes de contamination et d’autres détails sur le virus, la prévention et le traitement du SIDA avant de venir au message principal : un non catégorique à la stigmatisation et à la marginalisation des séropositifs.

Éditeur d'actif

Partager

Le SIDA fait des ravages partout dans le monde. Au Sénégal, nous étions convaincus d’avoir échappé en quelque sorte à une prolifération excessive du VIH. En effet, depuis les années 80, d’intensives campagnes de sensibilisation ont été menées par le Gouvernement du Sénégal et plusieurs ONG. Tout le monde croyait que le pays était à l’abri d’une épidémie du SIDA, le taux de prévalence se limitant à 1 ou 2 %. Cependant, même si la vigilance des autorités n’a pas baissé, il n’en est pas de même pour les populations.

Des recherches faites par le Ministère de la santé et particulièrement par le CNLS (Comité national de lutte contre le SIDA) ont révélé des chiffres assez inquiétants de prévalence du virus VIH, particulièrement dans des régions frontalières, des zones de forte circulation des populations, et bien sûr aussi au niveau des groupes vulnérables (femmes, jeunes, personnes exposées par certaines métiers).

Le Sénégal a joué un rôle exemplaire dans la prévention et il serait très regrettable si tous les efforts consentis et entrepris ne portaient pas les fruits escomptés. C’est dans cette perspective que la Fondation Konrad Adenauer et ASECOD ont décidé de lancer un numéro de leur série de bandes dessinées pédagogiques Afrique Citoyenne sur le SIDA.

En effet, nous estimons que les jeunes sont le groupe cible principal pour faire passer des messages, que ce soit sur le plan des comportements, des valeurs ou des objectifs très précis, comme la santé. Etant donné que notre BD est distribuée dans toutes les écoles moyennes et secondaires et aux associations de jeunesse du Sénégal, nous pouvons espérer que le message sera entendu.

Notre actuel numéro n’ambitionne pas seulement de sensibiliser sur les modes de contamination et de prévention du SIDA, il vise surtout le comportement vis-à-vis des porteurs du VIH.

Il n’est pas rare de constater que les personnes séropositives ont tendance à se retirer de toute vie sociale et professionnelle, de peur d’être stigmatisées et marginalisées. Les personnes non atteintes de leur côté ne savent souvent pas comment se conduire vis-à-vis des séropositifs. Le problème est complexe, car la maladie du SIDA éveille de très anciennes angoisses, elle peut même être perçue, à l’instar des maladies comme la lèpre ou la tuberculose, comme une sorte de sanction divine.

Au début de l’histoire, Maty se voit déjà morte, elle et son bébé à naître, tellement le mythe de cette maladie l’avait traumatisée. A la fin de la BD, nous apprenons que Papa n’avait pas réellement cru que le SIDA existe. A l’instar d’autres personnes, il pensait que c’était une invention. De la banalisation à la surenchère, le SIDA continue à être une sorte d’énigme pour les jeunes.

Il est donc de haute priorité de sensibiliser les jeunes de manière objective sur ce virus, son mode de propagation et les chances de guérison et en même temps d’enlever toute attitude de tabou qui plane sur le SIDA. Au lieu de tabouiser la maladie, il convient de la regarder en face et de prendre les mesures idoines, au niveau individuel et social, pour la circonscrire et pour lutter contre la propagation Afin d’inciter les jeunes et d’autres groupes vulnérables à se faire dépister, il urge de démystifier la maladie.

La BD se termine sur un appel très fort à la solidarité avec les malades ou les porteurs du VIH. Cet appel est lancé aux jeunes et à toute la société, parce que la marginalisation, la stigmatisation et la tabulation sont les voies les plus sûres pour que la maladie se répande davantage. Tandis que la compréhension, la sollicitude et l’intégration des malades dans la société contribuent à rendre leur destin plus supportable et à inciter les jeunes à prendre toutes les dispositions pour enrayer ce fléau à jamais, à travers leurs comportements.

C’est dans ce sens que nous espérons contribuer tant si peu à une meilleure sensibilisation sur le SIDA et à une meilleure prise en charge des malades par la société. Nous apportons ainsi notre petite pierre au grand édifice du Gouvernement du Sénégal et du CNLS qui ont organisé, le 3 décembre 2008, la grande conférence internationale sur le SIDA et au cours de laquelle notre BD a été également portée à la connaissance des participants

Éditeur d'actif

comment-portlet

Éditeur d'actif