Présentations & compte-rendus

Le jeûne dans les différentes religions

Séminaire

Lors de la soirée du mardi 12 juin 2018, l’Association Tunisienne de Soutien des Minorités (ATSM) et la Konrad Adenauer Stiftung (KAS) ont organisé, à Tunis, un séminaire sous le thème « Le jeûne dans les différentes religions ».

En présence d’un public effectif, dépassant les 250 personnes de différentes religions et de courants religieux dont des femmes et des jeunes en majorité, la rencontre fut un témoignage solide de l'unité dans la diversité de la société tunisienne.

Le démarrage du séminaire était signé par les allocutions d’ouverture de Yamina Thabet, présidente de l’ATSM et Holger Dix, représentant Résident de la KAS en Tunisie.

Modéré par Gilles Jacob Lellouche, président de l’association Dar Edhékra, le séminaire fut bien garni par des interventions de croyants de diverses religions, qui ont exposé leurs idées et échangé sur ce qu'est le jeûne dans leurs religions respectives.

La parole fut, ensuite, donnée à Daniel Cohen, Rabbin de la Goulette qui a alloué au public une explication sur le sens du jeûne dans la religion juive selon la Thora, tout en insistant sur l'idée que le seul jour de jeûne de l'année serait le Yom Kippour. Ce jour, également appelé le Jour du Grand Pardon, est une fête juive considérée comme la plus sainte de l’année.

Dans un second temps, Monseigneur Ilario Antoniazzi, l’Archevêque de Tunis a précisé que d’une manière générale, le jeûne dans le christianisme était toujours rattaché à la prière et à la charité. Il a, par ailleurs, mis l’accent sur le jeûne chez les catholiques qui prend plusieurs formes. En Effet, Jésus l’avait accompli dans des contextes divers comme le carême, les vœux, et autres.

Dans le même ordre d’idées, William Brown, pasteur de l’église réformée de Tunisie a insisté sur la dimension spirituelle du jeûne chez les protestants en se référant à Martin Luther et à Jean Calvin.

Par la suite, Cheikh Lotfi Chanderli, Imam à la Grande mosquée de la Zitouna a présenté ce qu’est le jeûne chez les musulmans. C’est tout d’abord le 4ème pilier de l’Islam. Pendant le mois de Ramadan, le jeûne est une obligation que doit accomplir toute personne pubère. Cependant, des empêchements peuvent survenir chez cette personne qui sera autorisée à rompre le jeûne, voire sera obligée de ne pas jeûner dans certains cas comme la maladie, l’âge, la grossesse, l’allaitement et le voyage. Le Cheikh a continué sa description précisant que le mois de Ramadan, mois saint durant lequel le Coran a été révélé au Prophète Mohamed, est aussi label d'abstinence, de bonté, de charité et de douceur.

La discussion est clôturée par le quatrième conférencier Mohamed Ben Moussa, représentant du bureau d’information de la communauté Bahaïe en Tunisie. IL a expliqué qu’il existe deux sortes de jeûne, un jeûne matériel qui consiste à s’abstenir de manger et de boire et un jeûne spirituel qui serait la cause du réveil de l’Homme.

À la rencontre d’autres religions et leur place dans la société tunisienne, les participants ont pu adhérer à une meilleure compréhension du jeûne afin de lever les idées reçues en mettant l’accent essentiellement sur ce qui est commun afin d’enraciner les valeurs de la coexistence et du vivre ensemble. Bien qu’il existe différentes croyances, aller vers l’autre demeure un facteur de paix et de rapprochement entre citoyens.

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