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"Nous pensons à multiplier par six la fibre optique à l'horizon 2025."

Podcast-série de la KAS en RDC: Dominique Migisha, Conseiller Spécial du Chef de l’Etat en charge du numérique

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Dans le cadre de sa podcast-série pendant la pandemie Covid-19, le Bureau de la FKA en RDC a parlé avec Dominique Migisha, Conseiller Spécial du Chef de l’Etat en charge du numérique. L’année passée la Présidence a présenté un plan national, la stratégie « Horizon 2025 », avec lequel le Président Félix Tshisekedi veut « faire du numérique congolais un levier d’intégration, de bonne gouvernance, de croissance économique et de progrès social ». Dans l’interview, Mr. Migisha adresse les défis en RDC et le potentiel du numérique pour le développement. L'interview a été mené par son Représentant Résident Benno Müchler. Ecoutez l'interview en cliquant ici.

 

KAS RDC : Bonjour Monsieur MIGISHA.

 

D. MIGISHA : Bonjour Monsieur Müchler.

 

KAS RDC : La Covid-19 a été un ébranlement de la vie en RDC, elle restreint nos contacts, elle nous a fait réfléchir sur l’adaptation de notre travail et de notre vie. Si vous deviez faire un premier bilan de cette crise, est-ce que la Covid a montré les défis numériques en RDC ou plutôt a-t-elle accéléré le progrès numérique ?

 

D. MIGISHA : La crise du Covid a été effectivement un révélateur de finalement nos différents défis à relever parce qu’on s’est rapidement rendu compte que partout ailleurs, ces dispositifs s’appuyant sur le numérique ont permis à différents Etats, de lutter et de réduire les effets négatifs de la Covid. Notamment en terme de communication, d’information, de collecte des données. Et pour ce qui concerne la RDC, et bien, nos différents problèmes qui ont été d’ailleurs identifiés dans le cadre du « Plan National Numérique » qui sont les infrastructures, les usages applicatifs, le contenu et la gouvernance de la régulation et principalement le premier pilier qu’est les infrastructures. Et bien on s’est rendu compte qu’effectivement on avait ce déficit. Je prends un simple exemple. Dans le domaine de l’éducation, dans les pays qui sont dotés d’infrastructures avec des couvertures à 100% ou avoisinant les 100%, ils ont pu mettre en place des systèmes permettant aux élèves de pouvoir poursuivre leur apprentissage. Le confinement en RDC a cloué à la maison 25 millions d’élèves, et on n’a pas eu de possibilité de mettre en œuvre des systèmes satisfaisants. Il y a eu des initiatives qu’il faut saluer, des partenaires privés comme Vodacom ou bien des start-ups comme Schoolap, eteyelo et d’autres qui ont essayé d’accélérer leur système, qui finalement s’appuie sur le numérique pour l’enseignement, mais on a bien vu les limites avec les infrastructures, et ça été donc finalement un révélateur pour nous ce Covid. Des défis et ça doit nous encourager à résorber ces défis pour pouvoir faire face bien évidemment à une telle situation à l’avenir, mais surtout comme l’a dit le Chef de l’Etat, qui a souhaité mettre sur pied, ce « Plan National du Numérique », ça sera bien évidemment un levier pour le développement de notre pays.

 

KAS RDC : Parlons alors de ce « Plan National du Numérique » (PNN), le grand enjeu de ce plan est certainement un pays de la taille de la RDC où seulement 40 % du terrain sont couverts par les grands opérateurs téléphoniques, et aussi un pays qui connait un besoin énorme de l’électrification. Donc quelle est l’idée et le sens de ce plan ?

 

D. MIGISHA : Le plan est parti du constat que depuis une vingtaine d’années, depuis que le numérique a vraiment pris son envol partout à travers le monde, la RDC n’a pas beaucoup évolué notamment sur le plan de l’impulsion des pouvoirs publics. Il y a bien évidemment le secteur privé qui a pu lui, tirer parti de ses avancées technologiques. Je pense ici en particulier au secteur bancaire, je pense également au secteur de télécom, mais au niveau des pouvoirs publics malheureusement, on a pris beaucoup de retard. Le Chef de l’Etat, conscient de cet enjeu a souhaité finalement doté notre pays d’une feuille de route, a balisé le terrain pour qu’on puisse vraiment tirer parti des opportunités qu’offrent le numérique de manière structuré, organisé et coordonné. C’est pour ça que d’ailleurs dans ce plan, au cœur même de ce plan, il y a la création d’une « Agence de Développement du Numérique » qui sera chargée de manière transversale, de coordonner la mise en œuvre de ce plan. Alors ce plan repose sur quatre piliers qui sont : les infrastructures, je l’ai dit toute à l’heure, l’usage applicatif, le contenu et le cadre légal. Ca veut dire les dispositifs légaux qui ne sont plus aujourd’hui adaptés. Pour le contenu il est question que demain les autoroutes de l’information que nous souhaitons créer ici dans notre pays, soient aussi empruntées par des véhicules congolais, du contenu congolais donc ne soient pas inondées que par du contenu venant de l’extérieur. L’usage applicatif, évidemment on pense particulièrement à la fonction publique qui doit transformer sa manière de travailler et pour finalement avoir un meilleur rapport avec les citoyens, de rapprocher les citoyens grâce à la gouvernance électronique, et les infrastructures, évidemment on pense à la fibre optique, on pense au data center et aux infrastructures satellitaires, ce sont autant d’infrastructures pour lesquels nous sommes très, très, très déficitaires, vous l’aviez dit. Les opérateurs de télécom ne couvrent que 50% du territoire, nous sommes un territoire très vaste et dans un pays comme le nôtre,  nous ambitionnons de donner la possibilité à l’ensemble des Congolaises et des Congolais de pouvoir accéder aux services de communication et de l’internet. Et donc c’est en cela que ce plan est important, et c’est la raison pour laquelle le Chef de l’Etat a voulu donner toutes ses chances à notre pays de pouvoir tirer parti du numérique.

Nous n’avons pas inventé la roue. D’autres pays avant nous ont procédé exactement de la même façon, je pense à des pays Africains, pour qui il était important de pouvoir s’identifier à des pays qui font face aux mêmes problématiques que nous. Et bien évidemment, on se rend compte que les pays qui ont commencé ces mêmes processus en fin des années 1990, début des année 2000 comme c’est le cas du Sénégal, du Kenya, du Rwanda, du Maroc, de la Tunisie,  on se rend compte aujourd’hui qu’ils sont très en avance, et donc nous avons ce retard, c’est vrai. Mais grâce au Président Félix Antoine Tshisekedi nous ambitionnons de résorber ce retard et d’aller de l’avant grâce au numérique.

 

KAS RDC : Qu’est-ce qui selon vous pourrait être un délai pour la connexion de plusieurs ménages avec la fibre en RDC, aussi un délai pour que plus de terrain soit couvert par les grands opérateurs ? Est-ce qu’on parle de cinq ans ? Est-ce qu’on parle de dix années ? Il faut bien sûr être réaliste parce que le gouvernement a beaucoup de choses à faire en ce moment. Mais qu’est-ce qui pourrait être réaliste selon vous ?

 

D. MIGISHA : Alors c’est une question évidemment complexe. Il y a plusieurs paramètres à prendre en considération. Je vais d’abord commencer par le paramètre, je dirais de la situation du pays. Il y a 30% des habitants de notre pays qui vivent dans des zones urbaines, et 70% dans les zones rurales. Les zones urbaines sont quasiment toutes couvertes aujourd’hui par les opérateurs télécom. Le grand défi c’est bien évidemment dans les zones rurales, où il y a cette problématique de rentabilité pour les opérateurs télécom, c’est la raison pour laquelle il y a donc ce fond de service universel qui, alimenté par 30% des revenus brut des télécom et qui doivent servir à mettre en place des politiques de mutualisation des infrastructures pour justement aller dans les zones où il n’ y a pas de rentabilité et donc c’est important pour l’Etat d’accompagner ces structures, dans le cadre de cette politique et c’est précisément « l’Agence du Développement du Numérique » qui selon la volonté du Chef de l’Etat affirmée le 03 septembre 2019 doit bénéficier de ces 3% pour lutter contre ce qu’on appelle la « fracture numérique » parce que c’est vraiment de ça dont il est question. Il faut lutter contre la fracture numérique.

Alors bien évidemment, s’agissant de la fibre optique dans les villes, il est certain que les choses pourraient aller plus vite. Le développement du numérique dans notre pays ne sera pas que l’affaire de l’Etat. Ca ne sera pas que l’affaire de l’investissement de l’Etat, l’Etat Congolais n’en a pas les moyens. Le Chef de l’Etat l’a dit dans un discours très important le 03 septembre, c’est-à-dire, on va bien évidemment solliciter le trésor public pour un certain nombre d’investissements, mais pour d’autres investissements notamment les investissements qui sont dits bancables, ça veut dire qui permettent à l’opérateur d’investir et de récupérer ses investissements, nous allons bien évidemment encourager et faciliter cela tout en préservant évidemment des aspects de souveraineté  sur certaines des infrastructures  stratégiques notamment. Et donc par exemple nous souhaitons encourager le déploiement de la fibre par les opérateurs privés dans les villes congolaises pour donner l’accès au triple baie aux Congolais.

Il y a un autre enjeu de la pénétration des moyens de télécommunication, c’est bien évidemment le coût, il est important que la concurrence puisse jouer pleinement son rôle et que le coût puisse être réduit pour permettre à un plus grand nombre d’accéder à tous ces services. Donc en terme de délai, le plan, c’est un plan quinquennal jusqu’en 2025. Bien évidemment il y en aura un suivant, après un état des lieux qui sera fait, et un bilan au terme du premier plan. Nous n’avons pas, je dirais d’échéances particulières sur le moment où nous serons couverts à 100 %, mais ce que nous souhaitons faire, c’est accélérer le déploiement, le faire de la manière la plus intelligente possible, en combinant le secteur privé et l’Etat Congolais. Et donc nous pensons que nous avons aujourd’hui autour de 3.000 km de fibre optique, nous pensons raisonnablement pouvoir arriver à tripler voir à multiplier par six, donc arriver à 10 ou 20.000 km de fibre à l’horizon 2025. D’ici à terme, étant une couverture de 50.000km de fibre, ça c’est le plan présenté par le ministre des PTNTIC qui est responsable de ce secteur. Mais bien évidemment on ne pourra pas réaliser cela en cinq ans, mais nous pensons que nous pourrons au minimum tripler le nombre de km de fibre optique opérationnel en ce moment.

 

KAS RDC : Merci. Vous êtes rentré en détail et voilà vous avez parlé aussi de ce plan qui est basé sur 4 piliers. J’ai lu dans une interview avec vous que ce plan, il a aussi identifié quelques 68 projets. Autour de ces 4 piliers, quels projets sont déjà en route ? J’ai lu d’un registre national. Vous avez aussi mentionné la création d’une « Agence nationale du numérique ». A-t-elle été déjà créée ? Voilà, pouvez-vous nous donner quelques détails ?

 

D. MIGISHA : Le plan a effectivement identifié 68 projets prioritaires que l’on a considéré par les parties prenantes lors de la cellule de validation qui a eu lieu entre le 3 et 7 septembre 2019 qu’il était possible de les mettre en œuvre et pour certains d’entre eux de les terminer complètement ces projets durant la période 2025. Parmi ces 68 projets prioritaires, il y a un projet qui est je dirais « particulier », qui est vraiment ultra prioritaire, c’est le projet du registre national de la population car le fichier identification de la population avec le numéro unique et cette part de donnée stratégique qui est finalement le cœur d’un pays nous a beaucoup manqué ces dernières années. Je pourrai citer un exemple. C’est le fichier électoral qui devrait, comme ça se fait partout ailleurs, être extrait de de ce fichier national. Et bien ne disposant pas de ce fichier, et bien ces trois dernières élections de 2006, 2011 et 2018 ont dû être organisées à partir des fichiers constitués d’une manière spécifique pour les élections en question, ça été très couteux pour le budget de l’Etat. Et bien là aussi dans ce plan numérique, il y a également cette volonté de mutualiser les ressources financières humaines, dans le cadre de l’optimisation pour finalement permettre aussi de faire des économies d’échelle.

Parmi les grands projets, il y a bien évidemment le projet de la numérisation du cadastre foncier qui est déjà entamé. Il y a l’agence national de santé numérique au niveau du Ministère de la Santé qui est déjà lancé, aujourd’hui même opérationnel. Il y a le projet dans le domaine de l’éducation, inscrire dans les programmes de l’éducation national dans notre pays, l’informatique, le numérique à tous les niveaux, de la première primaire à la sixième secondaire. Là également les choses sont en cours, nous avons identifié ce contenu et nous sommes dans un processus pour faire en sorte que le Ministère de l’EPSP puisse valider ce procès et faire en sorte qu’effectivement dès l’année prochaine, les écoliers congolais puissent apprendre l’informatique, derrière il y’aura évidemment le défis infrastructure. On voulait non seulement qu’ils apprennent la théorie, mais aussi la pratique là également. Je pense que l’Agence du développement numérique aura à cœur de mettre en place des programmes pour équiper des écoles avec l’objectif d’avoir au moins une classe informatique dans tout le territoire de notre pays.

Il y a bien évidemment puis que j’en ai parlé, l’Agence du Développement Numérique. Elle sera logée au niveau du gouvernement, les textes ont été préparés, les discussions sont en cours. Il y a bien évidemment des petites difficultés d’ordre légaux par apport aux soubassements sur lesquels devait se fonder cette structure étant donné que le numérique est une notion tout à fait nouvelle. Ca nous permet d’ailleurs d’aborder le quatrième pilier qui est la régulation, là également les choses sont déjà en branle, en marche, il y a également une loi sur les start-ups qui est en préparation, c’est une e-RDC-starts-ups qui est d’inspiration d’autres petites politique similaires qui ont été misent en œuvre dans d’autres pays africains comme le Sénégal, le Maroc ou la Tunisie et ce sont donc des dispositifs pour accompagner et encourager l’entreprenariat congolais et les jeunes start-ups. Il y a de manière plus général une loi sur le numérique qui est également en gestation là. C’est au niveau des chambres basses, le parlement et le Sénat. Et ça nous encourageons également et donc vous voyez qu’il y a dans des nombreux domaines des choses qui se mettent en place. On déplore c’est vrai un certain retard par rapport au fait que nous sommes aujourd’hui en août 2020 et que c’est vrai le plan a été validé le 5 septembre 2019, c’est lié au fait que le nouveau gouvernement a été mis en place quelques jours après cette validation et que les attributions des ministres n’ont été publiées qu’au mois de février 2020. Il y a eu la Covid-19. On a eu voilà toute une série des facteurs qui ont pu voilà ralentir un peu les choses, mais nous sommes convaincus, nous avons des échanges avec la primature et le ministère de PTNTIC, des échanges très encourageants qui me laisse à penser que les semaines qui viennent, la machine gouvernementale, va vraiment se mettre en branle par rapport à l’appropriation de ce plan, et ça devrait nous permettre d’avoir non seulement ce projet qu’il faut mettre en place mais aussi cette coordination de l’Agence du Développement du Numérique pour finalement efficience.

Il faut savoir par exemple le bailleur de fond comme la Banque mondiale et même la GIZ qui accompagnent notre pays et dont nous sommes très reconnaissants. Ce sont des structures qui mettent beaucoup des moyens et parfois ces moyens comme ce sont des projets sectoriels, parfois ces moyens dans le domaine du numérique en particulier peuvent être mutualisés. Je pense en particulier aux data-centers qui font partie des grands défis que nous avons. Parce que le vice en présentant aujourd’hui la data-center de référence aux standards international et bien c’est la volonté de pouvoir en disposer un, et si demain vous avez deux trois quatre projets qui ont à chaque fois dans leurs composantes, des aspects de conservation de données, plutôt que de multiplier des petits data center, l’idée c’est d’avoir une approche mutualisée pour finalement mutualiser la ressource et créer ce grand data-center dont nous avons besoin. Les bailleurs sont preneurs, mais bien évidemment l’impulsion doit venir du bénéficiaire congolais. C’est pour ça que cette agence, on la mieux placer pour pouvoir coordonner  est vraiment attendue pour pouvoir mettre en œuvre ce genre de mutualisation stratégique dont nous avons besoin.

 

KAS RDC : Il y a un projet, Mr. Migisha qui a vu la lumière du jour, comme on dit en Allemand, qui a vu la vie avant l’élaboration de ce plan, c’est la « Kinshasa Digital Academy ». Je pense qu’elle a été créée en 2017, elle est soutenue par l’Etat Congolais, et aussi par des partenaires internationaux comme la GIZ allemande, l’Ambassade française, Internews et d’autres. Qu’est-ce qu’elle fait la « Kinshasa Digital Academy » ? Qu’est-ce qu’elle offre ? Et fait-elle partie de ce plan national ?

 

D. MIGISHA : La « Kinshasa Digital Academy » fait bien évidemment partie de ce plan, disons que ça fait partie des objectifs, comme je le dis. L’Etat n’a pas vocation à tout faire dans ce plan. L’Etat doit accompagner, encourager dans certains cas, et prendre des initiatives dans d’autres cas, ça veut dire créer, opérer, et développer un certain nombre des projets. Pour ce qui concerne l’éducation, puisque finalement il s’agit de l’éducation lorsque l’on évoque la « Kinshasa Digital Academy », et bien on est sur le pilier du contenu et des usages applicatifs puisque finalement il est question de former des jeunes aux métiers du numérique, ici on est plutôt sur des métiers des développeurs, et donc le fait que nous encouragions cette initiative, et bien c’est parce que nous considérons effectivement et c’est dans le plan qu’il faut que de plus en plus des jeunes puissent se former à ces métiers qui sont des métiers d’avenir, les métiers de demain, les métiers qui pourrons permettre à notre pays de relever les défis en terme de développement parce que il n’y a pas de numérique sans acteurs numériques, sans  connaissance numérique, sans maitrise des différents outils. Et donc c’est important que ce volet éducationnel puisse être remplis, et ici c’est le secteur privé qui fait sa part. L’Etat fera sa part pour ce qui concerne l’éducation de base, le primaire et le secondaire, et il y a des instituts supérieurs, d’autres qui vont se créer, des écoles spécifiques qui vont se créer comme « Kinshasa Digital Academy ». Et nous ne pouvons que les encourager, au-delà de « Kinshasa Digital Academy », cette même structure qui s’appelle en fait « Kinshasa Digital » avait organiser le premier grand salon du numérique en 2019 et les pouvoirs publics avaient décider d’accompagner cette initiative et pour l’édition suivante, ça s’était transformée en une tournée , une tournée qui s’appelait « Africa Digital Story » et nous avons également noué un partenariat avec Kinshasa Digital. Et nous avons pris part à cette tournée qui devait connaître une apothéose à Kinshasa avec le sommet 2020, le sommet que d’ailleurs le chef de l’Etat avait appeler de ses vœux lors de son discours du 3 septembre 2019. Et bien là aussi c’est pour démontrer la volonté des pouvoirs publics de désormais être à côté des acteurs, et d’être même au cœur de certaines actions et de certaines organisations comme cette activité d’Africa Digital Story, pour bien montrer que désormais le secteur privé peut compter sur les pouvoirs publics que ce soit dans le domaine de l’éducation avec Kinshasa Digital Academy, ou bien dans d’autres domaines pour d’autres métiers du numérique.

 

KAS RDC : Nous sommes presque à la fin de notre interview, vous pouvez donner une réponse courte. Vous l’avez déjà abordé, et j’imagine à cause de la pandémie vos actions ont aussi connues un retard. Quelle est votre feuille de route pour le reste de l’année ? Est-ce que les priorités pour vous ont changés avec la pandémie ? Comme exemple, je pense que vous avez parlé d’une Agence Nationale de Santé Numérique, Est-ce que vos priorités ont changé ? Y a-t-il plus de concentration sur la santé et l’éducation ?

 

D. MIGISHA : Alors bien évidemment la santé et l’éducation font partie des priorités. Mais je pense que la priorité des priorités par rapport à cette crise Covid, c’est de lutter contre les impacts négatifs de cette crise économique qui malheureusement va frapper, est en train de frapper le monde entier et à laquelle la RDC n’échappera pas. Le Chef de l’Etat l’a déjà annoncé à plusieurs reprises, il va falloir faire de la maximisation des recettes une priorité. Et donc, vous le savez, le numérique c’est vraiment, ce sont des outils et des solutions, qui permettent précisément de lutter contre les mauvaises pratiques, ce qu’on appelle « le coulage des recettes », la fraude, le détournement des deniers public, qui coutent chaque année à l’Etat des milliards de dollars. Vous savez que nous avons un budget qui tournait ces dernières années autour de 4 à 5 milliards. Il a été porté à 11 milliard cette année, la crise du Covid risque de ne pas nous permettre d’atteindre cet objectif, et bien nous devons redoubler d’efforts pour limiter les impacts économiques de cette crise, pour pouvoir la surmonter, et donc là aussi le numérique sera au cœur de cette politique, visant à maximiser nos recettes publiques, au-delà de cela, les infrastructures, ça reste bien évidemment le grand défi. Covid ou pas Covid nous devons poursuivre cette politique, le ministre des PTNTIC l’a bien compris, il a mis l’accent sur ce pilier. C’est donc, voilà un peu comment on peut articuler la réponse par rapport au Covid c’est vraiment la lutte contre la crise économique qui va suivre, qui va arriver, ou qui est déjà là par rapport à la maximisation des recettes publiques grâce au numérique.

 

KAS RDC : Nous avons parlé avec le Conseiller Spécial du Chef de l’Etat en charge du numérique, Mr Dominique MIGISHA, je vous remercie Monsieur pour cette interview.

 

D. MIGISHA : C’est moi qui vous remercie.

 

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