Einzeltitel

Vocabulaire moderne de la langue amazighe

Après avoir édité la première version de ce livre en 2013 rédigé par feu Mohamed Oudadess, poète et militant, et Lahcen Oulhaj, doyen et économiste confirmé, la fondation Konrad-Adenauer a sorti la seconde édition du Vocabulaire moderne de la langue amazighe. Un livre qui a été bien accueilli par la communauté imazighifone. Fruit donc d’un croisement disciplinaire, d’une passion partagée mais aussi d’une conviction que la langue est un principal vecteur de la culture. C’est dans cette optique que les rédacteurs de ce livre l’ont conçu, un outil de communication, pour permettre à l’amazigh, langue désormais consacrée constitutionnellement en tant que langue officielle, d’accéder à l’université.

Ce travail peut donner l’impression d’une entreprise ludique, où les auteurs ont laissé libre cours à leur fantaisie. Il n’en est rien. Nous nous sommes basé sur des règles bien établies en Tamazight. Il s’agit essentiellement de:

  • L’affixation (préfixes et suffixes).
  • La dérivation.
  • L’agglutination.

Un principe général a guidé nos pas. Tamazight est une, et indivisible. Les différents parlers (tarifit, tasousit, taqbaylit, tatergit, tamazight) ne, sont pour nous, que les sous-produits d’une langue mère éclatée. Chaque fois qu’un mot existe dans l’un des parlers, il est immédiatement adopté dès que les auteurs ont la conviction (la leur) qu’il est bien d’origine amazighe. A ce propos, il est rare que, après quelque réflexion, on ne retrace pas celle-ci en établissant un lien avec un autre parler.


La contribution, s’il en est une, est de systématiser chacune des procédures sus-citées ; et donc de les appliquer partout où elles ne l’ont jamais
été ou là que l’usage a oublié avec l’usure du temps et l’impact des autres langues en présence.


Nous avons tiré profit, bien sûr, de travaux précurseurs ; mais surtout des idées révélatrices, explicites ou implicites, de Mouloud Mammeri et Mohammed Chafik. Nous avons, cependant, pris des libertés. Notre souci a été de générer une forte dynamique de créativité. Une langue qui reste confinée, prisonnière, de moules figés ne peut être vivante et encore moins compétitive. Elle est appelée, tôt ou tard, à disparaître ; et, avec elle, son peuple (ses locuteurs) en tant qu’entité et en tant qu’identité.

Cette tentative de standardisation, qui a également été conduite dans un esprit de systématisation, est certainement et forcément perfectible ; surtout dans la constitution (ou la reconstitution) de (toute) la famille d’un mot.


Nous avons évité, autant que possible, de faire appel en même temps à des racines exprimant deux sens (ou des sens proches). Au contraire, nous avons profité de cette situation afin de distinguer des nuances. Il s’agit d’initier (ou de retrouver) une finesse de la langue, qui est absolument nécessaire dès que celleci doit traiter de concepts relatifs à la pensée. C’est le cas, en particulier, en sciences et en philosophie. Tous les ingrédients existent dans nos différents parlers. Il n’y a que l’embarras du choix ; à condition d’avoir du respect pour la langue mère Tamazight et l’audace de faire des propositions, dont seul l’usage nous dira si elles avaient été pertinentes.


Il s’agit, ici, d’un document de travail. Nous aurions voulu affiner encore plus la méthode et présenter un produit plus au point. Mais la demande est très grande, vu l’urgence de la situation. Nous avons donc estimé que ce produit répond déjà à un grand besoin.


Toutes les remarques et critiques, mais surtout des améliorations argumentées, sont les bienvenues.