Veranstaltungsberichte

Journées culturelles Bassari

Tous les derniers samedi du mois de mai, Salémata, la "capitale" du pays Bassari, fête les journées culturelles du Pays Bassari. Cette année a connu une nouveauté avec la représentation non seulement Bassari, mais aussi de danses Diakhanké et Peul. La FKA a participé à la journée culturelle pour organiser, deux jours plus tard, un atelier pour jeunes. Les ambassadeurs d'Allemagne, d'Autriche, de Grande Bretagne et de Roumanie furent salués cordialement comme invités spéciaux.

Quatre ambassadeurs participent à la journée culturelle du Pays Bassari

L’association pour le développement du pays Bassari au Sénégal (ADPBS) a organisé, le samedi 29 mai 2010, à Salémata, la troisième édition de sa journée culturelle. L’évènement fut suivi par un public nombreux venu de tous les villages du pays Bassari et même de plus loin, intéressés par cette occasion unique de s’imprégner du riche patrimoine de la région.

L’ADPBS a été crée, sous l’initiative d’un groupe d’intellectuels bassari, le 13/01/2008, suite à l’Assemblée Générale Constitutive tenue par ses membres fondateurs. Elle regroupe toutes les forces vives du pays Bassari, sans distinction ni de race, ni d’ethnie, encore moins de religion, qui se préoccupent de son développement. L’association est dirigée par un bureau exécutif et elle repose sur cinq commissions : éducation, société, culture et tourisme, santé, tradition et religion et économie. Les buts de l’association sont d’aider la population du pays bassari à mieux s’organiser pour un développement harmonieux et durable, de lutter pour une meilleure conservation des valeurs culturelles et d’initier des projets de développement.

Le statut d’ethnie minoritaire des Bassari n’a pas empêché que s’exprime jusqu’au delà des frontières la richesse culturelle bassari. Aujourd’hui au Sénégal la culture Bassari est une des plus originales. L’initiation Bassari en est un exemple éloquent. Mais ce qui fait encore la beauté de la culture Bassari n’est qu’un reste du donné culturel fondamental qui, en partie, a disparu par la force des choses. Beaucoup de vestiges bassari sont inconnus de la génération actuelle. C’est pourquoi, l’association se propose d’œuvrer à la restauration et à la préservation des valeurs culturelles bassari par la création d’un comité de recherches composé essentiellement d’étudiants et intellectuels bassari.

L’ADPBS a voulu innover lors de la troisième édition des journées culturelles en intégrant toutes les ethnies présentes dans le département de Salémata : Bassari, Peul et Diakhanké. Un de ses partenaires, la Fondation Konrad Adenauer, avait parlé de cette importante manifestation aux Ambassadeurs d’Allemagne et d’Autriche qui ont pris l’initiative de venir voir l’évènement, avec deux autres collègues, en l’occurrence les Ambassadeurs de Grande Bretagne et de Roumanie.

Les Ambassadeurs, en compagnie de leurs familles, on donc fait le déplacement à Salémata pour partager les joies, mais aussi les peines des populations. En effet, pour accéder à Salémata, il faut franchir une piste assez laborieuse depuis Kédougou, et pour visiter les autres villages du pays Bassari, les voitures font carrément l’escalade sur les sentiers rocheux et très accidentés. Salémata, le chef lieu du département, n’a même pas une couverture électrique continue, le courant n’est disponible qu’entre 19 h et 1h du matin.

Néanmoins, les invités ont été bien accueillis et ont pu participer à une fête exceptionnelle. Après quelques prestations de danse en guise d’introduction, le président de l’ADPBS, Pierre Gnanga Boubane, a souhaité la bienvenue aux invités et aux participants. Il s’est réjoui que les troupes de danse ont représenté toutes les ethnies présentes dans le département. Le maire de la commune de Salémata, Kalidou Ba, a félicité l’ADPBS pour son initiative à rassembler, une fois par an, les acteurs culturels du pays Bassari et de contribuer ainsi à conserver cette riche culture et à la partager avec les populations et même des invités étrangers venus de loin.

Il a chaleureusement salué la présence des ambassadeurs avant de passer la parole à Mme Bocandé de la Fondation Konrad Adenauer qui a remercie l’ADPBS pour sa coopération. En effet, elle est la partenaire de la FKA dans le domaine du renforcement de capacités des femmes et des jeunes du département.

Ensuite, ce fut le tour des ambassadeurs. L’Ambassadrice de la Roumanie était la première à exprimer sa satisfaction de pouvoir assister aux journées culturelles et à transmettre le message d’amitié de son gouvernement. L’Ambassadeur de Grande Bretagne a saisi l’occasion pour féliciter l’ADPBS de sa belle initiative et pour se réjouir d’être venu avec son épouse et ses enfants qui étaient visiblement séduits par les prestations de danse.

Son Excellence M. Doujak, l’Ambassadeur d’Autriche, en fin connaisseur du Sénégal et même du pays Bassari pour y avoir assisté à des fêtes d’initiation, a fait part à l’assistance de sa conviction que le cœur du Sénégal ne se trouvait ni à Dakar, ni dans les grands villes, mais dans les zones rurales et notamment au pays Bassari. M. Clages, l’Ambassadeur allemand qui avait fait le déplacement avec sa famille, a vivement félicité et remercié l’ADPBS qui offre, tous les ans, l’opportunité aux habitants de la région et du Sénégal d’assister à des prestations culturelles rares d’une tradition ancienne qui mérite d’être préservée et perpétuée.

Le préfet du département a tenu à remercier l’ADPBS pour le un rôle fédérateur que l’association joue au niveau des populations du département et même au-delà. Il l’a encouragée à continuer dans la voie de la promotion de la culture et du développement qui vont de pair, car le développement ne saurait se faire sans mettre la culture à contribution. Le préfet a ensuite solennellement déclaré ouvertes la journée culturelle du pays Bassari.

Les prestations ont surpris toutes l’assistance. En effet, on s’attendait aux danses Bassari et Peul déjà plus ou moins connues, mais le public a même eu droit à deux évènements hors pair. D’abord il y avait la danse des masques des Diakhanké avec leurs ceintures de feuilles de karité et leurs têtes coiffées d’ornements de bambou. Ensuite, une troupe Bassari a présenté une danse certes Bassari, mais tellement ancienne que la plupart des visiteurs ne la connaissaient pas. Il va de soi que cette troupe était longtemps au centre de l’attraction.

Pendant que les troupes dansaient concomitamment à plusieurs endroits de la ville, les femmes de l’Union des groupements de promotion féminine du département exposaient leurs produits : poudre fine de pain de singe et de jujube, fonio, karité et divers articles décoratifs comme des colliers, bracelets, et d’autres ornements.

Le repas fut pris sous les manguiers et la fête continua de plus belle, dans l’après midi, jusqu’à la tombée de la nuit. Pour l’anecdote, il faut noter que l’Ambassadeur d’Allemagne s’est mêlé allègrement des danseurs et des danseuses pour témoigner ainsi de son attachement à la culture Bassari et de son esprit d’ouverture. A l’instar des autres invités, il s’est laissé prendre par l’ambiance festive, et il n’a pas pu résister à l’appel des flutistes Bassari qui ont rythmé à merveille les danses d’une élégance inégalable.

La mission ne fut cependant pas encore accomplie, car le lendemain, les ambassadeurs ont saisi l’occasion pour visiter les villages d’Eganga et d’Ethiolo. Après une journée intense expérience culturelle, ils ont ensuite pu s’imprégner des réalités vécues par les populations des villages Bassari, en arpentant les sentiers caillouteux de montagne et en échangeant à bâtons rompus avec les présidents et membres de conseils ruraux, les chefs de village, chefs coutumiers et les groupements de femmes.

Un weekend bien rempli, est-on tenté de dire comme conclusion, certes éprouvant, mais très riche en expériences. Cette visite des ambassadeurs est importante aussi pour les populations du pays Bassari qui se sont réjouis de l’intérêt que ces hauts représentants de quatre pays européens accordent à leur culture, à leur région.