Présentations & compte-rendus

La stabilité en danger au Liban

P. Rimmele a dressé un rapport à la table ronde de la politique extérieure au sein de l’Académie de la KAS

Le Liban connaît de nombreux problèmes : depuis deux ans, les élites politiques ne peuvent pas s’entendre sur un nouveau président. De plus, le Parlement n’est plus réellement légitime d’un point de vue démocratique. Le Hezbollah, un acteur crucial au Liban, lutte aux côtés du régime d’Assad en Syrie. Et la guerre dans ce pays voisin a suscité des millions de réfugiés dans le monde. De plus, le Liban se trouve formellement en guerre avec Israël – bien que l’armistice, supervisé par l’ONU, soit maintenu.

Le Liban compte presque 4,3 millions d’habitants. Depuis la guerre en Syrie, ce nombre a augmenté d’environ 1,5 millions de Syriens. Il n’y a pas de chiffres précis car depuis décembre 2015, ceux qui arrivent ne sont plus enregistrés. À l’époque, c’étaient 1.048.275 Syriens, «alors que l’infrastructure ne répond même pas aux besoins des Libanais», dit Peter Rimmele. Pour les Libanais, la problématique des réfugiés est dans un premier temps une question de sécurité. Il n’y a que des camps provisoires et temporaires pour les Syriens. Tout ce qui a l’air d’être construit plus solidement est rasé par les autorités.

Les expériences avec les Palestiniens dans le pays sont la raison derrière ces mesures : ceux-ci ont vécu dans des camps énormes dépourvus de contrôle, dans lesquelles personne n’ose entrer.

La stabilité en danger

De surcroît, depuis deux ans le siège du président est vide. Il y avait 42 essais d’élection sans aucun résultat. La politique dans ce pays est basée sur le principe de consensus, ce qui veut dire qu’on essaie de trouver un minimum de terrain d’entente.

Bien qu’il soit écrit dans le pacte national de 1943 que le président doit être chrétien maronite, ce désaccord n’est pas une décision des chrétiens libanais. En fin de compte, c’est le Hezbollah qui bloque l’élection d’un chrétien libanais, explique P. Rimmele. C’est la guerre en Syrie qui a des répercussions négatives sur la stabilité au Liban.

«Il n’y aura pas de nouveau président avant qu’une solution au conflit en Syrie soit trouvée», dit P. Rimmele. Il est impossible qu’un inconnu soit élu en tant que président car celui-ci serait un candidat de compromis très faible.

Dialogue interreligieux

Le Hezbollah chiite exerce une grande influence sur la sécurité au Liban. Avec ses combattants, le Hezbollah soutient le régime d’Assad. Et après les combats en Syrie, les milices sunnites se vengent dans les banlieues chiites du Liban du sud par des attentats à la bombe.

Selon P. Rimmele, «Malgré le blocage contre un nouveau président chrétien, le dialogue doit être poursuivi entre Sunnites et Chiites plutôt qu’entre chrétiens et musulmans pour résoudre les problèmes au Liban.»

Mais aussi le dialogue avec les forces armées est aussi important pour endiguer la violence. C’est pourquoi la fondation Konrad Adenauer a, entre autres, organisé des ateliers de médiation pour la police libanaise pour renforcer le potentiel de désescalade des tensions.

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