Le tribunal militaire à Kinshasa a décidé de demander la peine de mort contre cinq des huit policiers accusé de meurtre de l’activiste des Droits de l’homme en juin 2010. Les trois autres accusés risquent la peine de vingt ans de prison ferme. Floribert Chebeya avait été retrouvé mort dans sa voiture après avoir été vu pour la dernière fois dans les locaux de l’inspection générale de la police. Fidèle Bazana son chauffeur est toujours porté disparu.
Mwilambue Paul, l’un des policiers qui avait échappé s’est rendu à l’inspection générale presque comme s’il voulait reprendre le travail. Il a expliqué qu’il n’avait rien à voir dans le double assassinat de Floribert Chebeya et Fidele Bazana et qu’il était allé se cacher uniquement parce qu’il avait peur. Il a été incarcéré.
Il n’y a pas d’explication pour dire comment le fugitif a pu rentrer à Kinshasa du Rwanda. En tout cas, ce rebondissement ne change rien dans la tenue du procès. Il sera jugé en absence. Quatre avocats ont procureurs se sont relayés pour donner lecture d’un très long réquisitoire de 500 pages.
Il semble que Chebeya est mort par asphyxie de ses mains et pieds liés et la tête dans un sac en plastique. Pour son chauffeur, Fidele Bazana, il n'ya pas de nouveau développement. Cinq condamnations à mort et trois peines de 20 ans pour chacun ont été recherchées, la peine de mort n'est pas applicable en RDC.
Les membres de la société civile disent qu'ils ont des réserves sur la façon dont l'affaire est traitée par le tribunal militaire de la Gombé. Ils ont dit que la cour a encouragé l'impunité car il n’y avait pas de juge qui a le même rang que le général Nthumbi le principal suspect.
La femme de Chebeya, Marie-José Bazana, a déclaré qu'elle attendait le corps afin d'enterrer son mari.
«Ce sont les Congolais qui l'ont tué. Quand on dit à la police, la police est l'état. C'est là que la police était partie avec M. Floribert. Ils y étaient partis en Inspection générale de la police», a répondu Mme Chebeya à la question, "c’est a qui de retourner le corps?"
Réactions en RDC et à l'étranger
La mort de Floribert Chebeya a provoqué de vives réactions en RDC et à l'étranger.
L'ONU a exprimé sa satisfaction quant à la manière dont la RDC a traité l'affaire Chebeya et dit que ceci serait utile dans la promotion de la démocratie. Après avoir condamné l’assassinat du militant, l’ONU a félicité la RDC d’avoir suspendu le chef de la police, le général Ntumbi
Joshua Marks, un agent du programme pour l'Afrique centrale au sein de National Endowment for Democracy, a déclaré que la RDC a pris une tournure unique vers un régime autocratique.
La mort de Chebeya a secoué le gouvernement de voir la nécessité de garantir les droits de base de ses citoyens en créant et en s'engageant à des lois qui protègent les journalistes et les défenseurs des droits humains, afin de procéder à des réformes de la police, de manière à réduire et limiter les cas résultant d'un domaine cruciale de l'exécutif, le secteur de la sécurité. Le gouvernement pourrait également accélérer la création de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
L'Union interafricaine des droits de l'homme a annoncé la création d'un prix panafricain des droits de l'homme nommé en l'honneur de Floribert Chebeya en reconnaissance du travail de ce grand défenseur des droits de l’homme.