Cette question a été discutée par le député à la diète du Brandebourg Jan Redmann, le rédacteur en chef à la radio-télévision MDR Peter Schubert, le chercheur Karsten Grabow de la Fondation Konrad Adenauer ainsi que par le politologue français Dominique Reynié dans le cadre d’une conférence organisée conjointement par la Fondation Konrad Adenauer et la Maison Heinrich Heine. Les intervenants ont fait le constat qu’il n’y a pas de solution miracle.
Les réactions et solutions adoptées par les pays voisins ne sont guère satisfaisantes. Les pays scandinaves ont longtemps ignoré le sujet, alors que les Pays-Bas ont opté en 2010 pour un gouvernement minoritaire dépendant de la tolérance des populistes de droite au parlement. En France, les revendications électorales du Front National influencent les débats au sein des partis traditionnels qui espèrent pouvoir récupérer leur électorat. En Autriche le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) a fait partie d’une coalition gouvernementale à l’échelle nationale.
« Les populistes sont à la recherche des problèmes, mais ils ne vont pas les résoudre », a averti le chercheur Karsten Grabow. Il est aux hommes politiques, aux médias et aux chercheurs de sensibiliser les électeurs sur ce fait et de démontrer le travail insatisfaisant du parti « Alternative für Deutschland » (AfD) aux parlements régionaux. Son propos a été approuvé par le parlementaire Jan Redmann : Les députés de l’AfD à la diète du Land de Brandebourg ont pris l’habitude de poster des vidéos courtes et polémiques des débats parlementaires, ils ne s’intéressent cependant guère au vrai travail politique du parlement. Le journaliste Peter Schubert a souligné qu’il est très difficile pour les médias de parler de ces faits car ils risquent d’être diffamés comme « presse mensongère » (Lügenpresse). Le MDR entre désormais en contact direct avec les critiques et les invitent dans les rédactions pour leur montrer comment la chaîne travaille. Le Professeur Dominique Reynié a également averti d’une hausse de propos populistes dans les médias sociaux, parfois perçus comme zone de non-droit. Le populisme de droite n’est par un phénomène marginal, qui mobilise uniquement les classes sociales défavorisées. Pour beaucoup de populistes il s’agit aujourd’hui de défendre un style de vie. La prétendue islamisation des sociétés allemande et français en est un exemple manifeste.