Analysen und Argumente

La Tunisie et la nouvelle donne géostratégique

von Slim Jaoued

Échanges réguliers sur les développements politiques et socio-économiques en Tunisie.

Quelles sont les attitudes et les perceptions des Tunisiens face aux relations internationales et comment lier les défis actuels en rapport avec la crise russo-ukrainienne? Des réponses ont été apportées à travers des résultats de l’enquête par sondage publiée par la Fondation Konrad Adenauer et Sigma Conseil le 13 octobre 2022 à Tunis.

Selon les Tunisiens sondés, les défis actuels auxquels la Tunisie fait face aujourd’hui sont respectivement : la baisse du pouvoir d’achat et inflation, Chômage et création d’emploi et l’instabilité politique. De ce fait, les Tunisiens attestent que la Tunisie doit s’associer en premier lieu avec le Maghreb Arabe et ensuite l'Union européenne.

Ayant commenté les résultats de ce sondage, M. Ahmed Ounies, ancien Ministre des Affaires Etrangères et  fondateur de l’Académie des Diplomates Tunisiens, M. Moncef Baati, ancien Ambassadeur de la Tunisie dans plusieurs capitales dans le monde et puis, M. Rafaa Tabib, professeur universitaire en géostratégie et géopolitique ont souligné la nécessité de l’ancrage de la Tunisie dans son espace maghrébin avec la reconstruction d’un Maghreb équilibré, entre à l’ouest un Maroc et une Mauritanie, au centre l’Algérie et à l’est la Tunisie et la Libye, et ce pour des raisons de sécurité géostratégiques et économiques. Le non Maghreb fait perdre à la région tous les ans près d’un point de croissance.

Il y a aussi un consensus de garder des relations privilégiées avec l’Europe notamment sur le plan économique en utilisant l’argument sécuritaire et le bien intangible en commun à savoir la modernité (statut de la femme, l’écologie…), les libertés et la démocratie.

Enfin, les experts ont insisté sur le fait d’éviter à la Tunisie d’être encapsulée ou enfermée dans des choix d’alliance imposés, avec un regard intéressé aux nouvelles forces émergentes telles que la Chine voire la Russie en cas d’intérêt commun, mais toujours dans le respect. Il a été mis en relief le potentiel de la position géographique tunisienne entre un sud-africain et un nord européen d’un côté et entre l’orient et l’occident, au cœur de la mer Méditerranée, un potentiel qui n’est pas assez exploité sur le plan économique des ressources humaines.

  • 74,4 % des Tunisiens indiquent que nous vivons dans un monde dangereux.
  • Près de 42,1% des Tunisiens considèrent que dans les mois à venir une guerre mondiale peut parfaitement arriver.
  • Les trois puissances actuelles identifiées par les Tunisiens sont respectivement : les États-Unis, la Russie et la Chine.
  • Selon les Tunisiens, les pays qui pèsent actuellement dans les relations internationales sont les Etats-Unis, La Russie et la Chine.
  • 56% des Tunisiens trouvent que l’Algérie est le pays le plus proche de la Tunisie.
  • Près de 86,8% des Tunisiens préfèrent avoir des relations étroites avec l’Algérie. 69,5% des Tunisiens ajoutent aussi la Chine.
  • Près de 80.5% des Tunisiens soutiennent la coopération sécuritaire et militaire entre la Tunisie et l’Algérie.
  • 62,6% des Tunisiens jugent que la France s’immisce dans les affaires de la Tunisie suivi des États-Unis avec un pourcentage de 50,6%.

Über diese Reihe

Die Reihe informiert in konzentrierter Form über Analysen der Konrad-Adenauer-Stiftung zu relevanten aktuellen Themen. Die einzelnen Ausgaben stellen zentrale Ergebnisse und Empfehlungen eigener und externer Expertinnen und Experten vor, bieten Kurzanalysen von rund fünf Seiten und nennen KAS-Ansprechpartnerinnen.

Dr. Kristin Wesemann

Dr

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Sophie Steybe

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