Présentations & compte-rendus

La conscience d’appartenance chez les jeunes maghrébins

de Nora-Houda Beldjoudi

Visionconférence organisée par la KAS Algérie et le laboratoire Religion et société du département de sociologie de l’Université Alger 2

La conscience d’appartenance et l’espace du Maghreb ; Sont-ils des termes qui peuvent encore se conjuguer en même temps au présent ? La Fondation Konrad Adenauer et le laboratoire Religion et société du département de sociologie, de l’Université Alger 2, ont réuni le 25 novembre 2020, dans une visioconférence, des professeurs et étudiants des trois pays d’Afriquedu Nord, l’Algérie, le Maroc et la Tunisie, pour s’exprimer sur la question de « la conscience d’appartenance chez les jeunes maghrébins ».

Derrière leurs écrans, les jeunes étaient surprenants. En voulant approfondir la question d’appartenance locale, dans un 21ème siècle qui a abattu toutes les frontières et rassembler les pays dans un grand village nommé « planète », les participants ont dépassé les petites frontières nord-africaines, pour se présenter comme individus du monde, conscients des enjeux de la mondialisation, qui se sentent tout aussi à l’aise en Europe, en Amérique ou en Asie. Des jeunes qui se complaisent dans une identité d’origine, comportant l’islam, l’arabité ou l’amazighité (composantes associées ou dissociées) que ne contredisent pas les constituants des identités du monde. Au contraire, la modernité, la technologie et la démocratie les complètent.  

Cette visioconférence a relevé en particulier deux vérités d’une importance capitale : la première est que la différence d’opinion n’est pas géo-spatiale : les jeunes d’Algérie et d’ailleurs aspirent en général tous, et peut-être ensemble ou du moins en même temps, à un monde semblable moderne, démocratique et enraciné dans une tradition de référence. La deuxième est que ces jeunes sont très peu ou pas du tout en admiration devant leurs ainés et n’aspirent point à leur mode de vie. Les deux âges se côtoient, se parlent, partagent les mêmes espaces, mais pas les mêmes idées, les mêmes espoirs, les mêmes lendemains. Ils n’ont pas les mêmes référents et n’attendent pas la même chose du monde. Cette scission est d’autant plus importante, qu’elle intègre les parents et enseignants face aux enfants et étudiants.  

Cette réunion, qui a montré des jeunes des pays du Maghreb, avec des horizons ouverts et ambitieux, s’est poursuivie tard et a ouvert des thèmes à approfondir et des chantiers à entreprendre, notamment la compréhension de l’autre, au-delà de la frontière de l’âge, mais aussi la construction de passerelles intergénérationnelles et l’interrogation de la place des ainés dans le Nord-Afrique de demain.

partager

Interlocuteur

Nora-Houda Beldjoudi

Nora-Houda Beldjoudi bild

Chargée de programme pour l'Algérie

nora.beldjoudi@kas.de +213 21 27 29 50 +213 21 27 78 19

À propos de cette série

La Fondation Konrad-Adenauer, ses instituts, centres de formation et bureaux à l'étranger proposent tous les ans uin grand nombre de manifestations dédiées à des thèmes différents. À l'adresse www.kas.de, nous vous présentons, de manière actuelle et exclusive, des conférences, événements et symposiums. Outre un résumé thématique, vous trouverez ici aussi du matériel supplémentaire tel que des photos, des manuscrits de discours, des vidéos ou des podcasts radio.