Le retour de Macky Sall et le souvenir de la crise de 2024
Ce fut une visite brève mais hautement symbolique. Le 17 juillet 2026, l’ancien président Macky Sall a atterri à Dakar pour rencontrer son successeur, le président Bassirou Diomaye Faye. Il s’agissait de son premier déplacement au Sénégal depuis son départ du pouvoir en avril 2024. Après seulement trois heures sur place, il a quitté le pays afin de poursuivre sa campagne internationale en vue de l’élection au poste de Secrétaire général des Nations unies.
À l’issue de cette rencontre, il est apparu clairement que le président Faye soutenait la candidature de son prédécesseur et mobilisait également la diplomatie sénégalaise dans cette direction. Une évolution notable alors que cette candidature avait initialement été portée par le Burundi sans bénéficier d’un soutien explicite de Dakar. Compte tenu de l’importance diplomatique qu’aurait l’élection d’un Sénégalais à la tête des Nations unies, un consensus semble désormais émerger au-delà des clivages politiques. La perspective d’un tel succès est perçue comme susceptible de renforcer considérablement le rayonnement international du pays.
La crise politique de 2024 reste toutefois vivace dans les mémoires. Macky Sall avait entretenu le flou quant à une éventuelle troisième candidature, jugée contraire à l’esprit de la Constitution, et avait décidé de reporter à la dernière minute l’élection présidentielle prévue en février 2024. Cette décision avait provoqué des manifestations meurtrières et suscité des accusations d’atteinte à l’ordre constitutionnel, avant que le Conseil constitutionnel n’annule le report du scrutin.
La campagne électorale qui suivit fut particulièrement intense, mais démontra également la solidité des institutions sénégalaises et de l’État de droit. Plusieurs figures majeures de l’opposition, exclues dans un premier temps du processus électoral, ne purent participer à la campagne qu’après leur libération rendue possible par une loi d’amnistie. Parmi elles figuraient notamment les anciens inspecteurs des impôts Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.
Ne pouvant lui-même se présenter en raison de ses démêlés judiciaires, Sonko désigna son proche collaborateur Bassirou Diomaye Faye comme candidat, alors relativement peu connu du grand public. Le slogan de campagne résumait parfaitement cette relation : « Diomaye mooy Sonko » (« Diomaye, c’est Sonko »).
L’élan politique de 2024
Le 24 mars 2024, Bassirou Diomaye Faye remporta l’élection présidentielle dès le premier tour avec 54 % et devint, à 44 ans, le plus jeune président de l’histoire du Sénégal. Cette dynamique fut confirmée quelques mois plus tard lorsque le parti PASTEF obtint 130 des 165 sièges lors des élections législatives anticipées de novembre 2024.
La nouvelle équipe dirigeante arriva au pouvoir avec un programme ambitieux. Elle s’engagea à lutter plus efficacement contre la corruption, à renégocier certains contrats pétroliers et gaziers ainsi qu’à réformer la justice et le système électoral. La réduction de la dette publique figurait également parmi les priorités affichées. Le gouvernement dénonçait régulièrement les « dettes cachées » héritées de l’administration précédente et mettait en avant la nécessité de renforcer la souveraineté économique et politique du pays. Cette ambition entra toutefois rapidement en tension avec les négociations en cours avec le Fonds monétaire international et le maintien d’une forte présence française au Sénégal.
C’est dans ce contexte qu’a été présentée la Vision Sénégal 2050, conçue comme la boussole politique et économique du nouveau régime. Son ambition est de bâtir un Sénégal plus souverain, juste et prospère à travers une transformation structurelle de l’économie. Une question centrale s’imposa alors : le grand espoir né de l’alternance de 2024 pouvait-il être transformé en progrès durable ?
Vision Sénégal 2050 : entre souveraineté et transformation structurelle
Bien plus qu’une simple vision, la Vision Sénégal 2050 se veut une continuité du développement structurel du pays. Présentée officiellement comme un Agenda National de Transformation, elle ambitionne de rompre progressivement avec la dépendance à l’endettement extérieur en s’appuyant sur l’industrialisation, la valorisation des ressources locales, notamment le pétrole et le gaz, tout en plaçant le capital humain au cœur du processus de développement.
L’objectif affiché est de bâtir une économie sénégalaise compétitive et résiliente, capable de financer davantage sa propre transformation. À cette fin, la stratégie gouvernementale repose sur quatre grands moteurs de croissance considérés comme les piliers de la transformation économique du pays : les industries extractives, les industries agroalimentaires, les industries manufacturières ainsi que les services à forte valeur ajoutée. À travers ces filières stratégiques, les autorités souhaitent renforcer la création de richesse sur le territoire national et développer des chaînes de valeur locales plus performantes. Alors que l’économie sénégalaise repose encore principalement sur les services ainsi que sur les exportations halieutiques et minières, les autorités misent désormais sur la transformation industrielle, une plus grande valeur ajoutée locale et l’exploitation des nouveaux gisements pétroliers et gaziers pour stimuler la croissance.
Un climat des affaires au service de la transformation
Depuis son indépendance, le Sénégal bénéficie d’une réputation de stabilité institutionnelle et d’ouverture économique qui constitue un atout majeur à l’échelle sous-régionale. Le pays demeure aujourd’hui une destination attractive pour les investisseurs, soutenue à la fois par son environnement politique stable et par une démographie dynamique. Près de 70 % de la population a moins de 35 ans, ce qui représente à la fois un défi et un potentiel considérable pour l’économie nationale.
Afin de garantir un cadre plus favorable à l’investissement, le gouvernement met en avant une gouvernance fondée sur la transparence, la lutte contre la corruption et la modernisation de l’administration. Cette orientation se traduit notamment par la mise en œuvre de mécanismes visant à réduire la corruption, à numériser les procédures administratives et à assainir les marchés publics.
Dans ce contexte, le « New Deal Technologique » constitue l’un des projets emblématiques du nouveau pouvoir. Il vise à transformer la gestion publique par la numérisation des services administratifs, tout en encourageant une coopération renforcée entre l’État, le secteur privé et les partenaires au développement. L’ambition affichée est de favoriser l’innovation, de développer des infrastructures numériques robustes et de construire un cadre réglementaire propice à la confiance numérique et à la sécurité des données.
Au-delà de ces réformes, l’État poursuit également un objectif de souveraineté industrielle et alimentaire. Cette ambition se traduit par une priorité donnée à la transformation locale des produits, à la transition numérique et au développement de l’agro-industrie. Dans le cadre de la Vision Sénégal 2050, les autorités ont notamment lancé un Programme national de développement des agropoles, destiné à accroître la production agricole, à renforcer la transformation locale, à consolider la souveraineté alimentaire et à créer des emplois sur l’ensemble du territoire.
Cohésion sociale et capital humain : des atouts structurels
La réussite de cette stratégie repose également sur des facteurs sociaux qui distinguent le Sénégal dans son environnement régional. Malgré sa diversité culturelle, ethnique et religieuse, le pays conserve une forte cohésion sociale. Avec une population composée à environ 95 % de musulmans, le Sénégal est souvent cité comme un modèle de tolérance religieuse et de coexistence pacifique.
Cette culture de la paix s’appuie notamment sur des mécanismes sociaux tels que le cousinage à plaisanterie ainsi que sur les relations historiquement harmonieuses entre communautés musulmanes et chrétiennes. Ces éléments constituent l’un des fondements du contrat social sénégalais et participent à la stabilité du pays. Bien que cet acquis demeure solide, les pouvoirs publics, les autorités religieuses et la société civile continuent d’encourager le dialogue social et interreligieux afin de préserver cet équilibre.
Entrepreneuriat et innovation technologique
Le Sénégal s’impose par ailleurs comme l’un des écosystèmes technologiques les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest. Une nouvelle génération d’entrepreneurs développe des solutions locales à fort impact dans de nombreux secteurs d’activité. Cette dynamique bénéficie notamment du soutien de la Délégation Générale à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ) ainsi que d’un cadre législatif favorable à travers le Startup Act.
Dans le cadre de sa politique de soutien à l’innovation, la DER/FJ a également mis en place un Fonds de Soutien à l’Innovation (FSI). Ce fonds joue un rôle central dans l’écosystème entrepreneurial sénégalais en accompagnant les projets innovants et en favorisant l’émergence de nouveaux secteurs de croissance sur l’ensemble du territoire.
Ainsi, la Vision Sénégal 2050 ne se limite pas à un programme économique. Elle constitue une ambition globale visant à articuler souveraineté économique, modernisation technologique, cohésion sociale et développement du capital humain. Elle traduit la volonté du gouvernement de transformer durablement le modèle de développement sénégalais. Toutefois, la mise en œuvre de cette ambition s’est rapidement heurtée aux contraintes budgétaires, à la question de la dette publique et à une conjoncture économique plus difficile que prévu.
L’épreuve du réel : ralentissement économique et crise de la dette
Les attentes étaient immenses, mais les difficultés économiques se sont rapidement imposées.
Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et le ralentissement du commerce mondial, plusieurs secteurs de l’économie sénégalaise ont connu des difficultés. Le secteur du bâtiment en particulier a souffert de la suspension de nombreux projets d’infrastructure faisant l’objet de contrôles administratifs ou d’enquêtes liées à des soupçons de corruption.
Pour de nombreux citoyens, les chantiers à l’arrêt sont progressivement devenus le symbole visible d’un certain immobilisme. Cette situation contrastait fortement avec la présidence de Macky Sall, largement associée à la réalisation de grands projets d’infrastructures qui avaient profondément transformé le paysage du pays.
Parallèlement, la question de la dette publique est devenue centrale. Une réévaluation des finances publiques a révélé un niveau d’endettement nettement supérieur aux chiffres précédemment communiqués. Selon certaines estimations, la dette publique pourrait atteindre entre 123 % et 130 % du PIB, contre 73 % annoncés auparavant. Cette situation a entraîné la suspension du programme du FMI, plusieurs dégradations de notation financière et une perte de confiance des investisseurs. Par ailleurs, le niveau élevé de la dette publique limite la marge de manœuvre budgétaire de l’État. Une part importante des ressources publiques doit être consacrée au service de la dette, au détriment des investissements dans les infrastructures, l’éducation et les programmes sociaux.
La fin de la « Dream Team »
Le principal défi du président Faye ne provenait finalement pas de l’opposition, mais de son propre camp.
Pendant la campagne électorale, Faye et Sonko formaient un tandem politique indissociable. Ensemble, ils incarnaient le changement et l’espoir de millions de Sénégalais. Cependant, les divergences sur la gestion de la dette et sur les relations avec les partenaires financiers internationaux ont progressivement révélé des visions différentes de l’avenir du pays.
Alors que Sonko défendait une ligne plus souverainiste, Faye privilégiait une approche davantage pragmatique. La question des relations avec le FMI et les bailleurs internationaux ainsi que la gestion des fonds publics et des ressources naturelles est progressivement devenue le cœur du conflit.
Finalement, le président Faye décida de mettre fin aux fonctions de son Premier ministre. Cette décision marqua la rupture définitive de l’alliance qui avait porté l’alternance de 2024.
Sonko réagit immédiatement en reprenant son mandat de député dans une décision contestée sur le plan constitutionnel. Peu après, il fut élu président de l’Assemblée nationale avec 131 voix sur 165. Figure dominante de PASTEF, il conserva une influence considérable sur le parti et le groupe parlementaire, donnant naissance à une nouvelle configuration politique inédite dans l’histoire du Sénégal.
Le 25 mai 2026, Faye nomma Ahmadou Al Aminou Lô au poste de Premier ministre. Économiste de formation, celui-ci avait effectué l’essentiel de sa carrière à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), dont il avait notamment occupé les fonctions de secrétaire général.
Une nouvelle configuration politique
Pour la première fois, un président sénégalais se retrouve sans majorité parlementaire véritablement acquise à sa cause. Une forme inédite de cohabitation s’est instaurée entre deux anciens alliés devenus rivaux.
Si Sonko contrôle désormais le parti, le groupe parlementaire et l’Assemblée nationale, Faye conserve la présidence et les prérogatives de l’exécutif. La rivalité entre les deux hommes structure aujourd’hui une large partie de la vie politique nationale.
Les débats portent non seulement sur les questions de pouvoir mais également sur les orientations futures du pays. Une réforme portée par la majorité PASTEF visait notamment à réduire les pouvoirs présidentiels, à renforcer les prérogatives du Parlement et à remplacer le Conseil constitutionnel par une Cour constitutionnelle. En juillet 2026, le Conseil constitutionnel a toutefois jugé plusieurs dispositions contraires à la Constitution.
Cette nouvelle situation ouvre également la voie à d’éventuelles recompositions politiques. Si le président Faye souhaitait convoquer des élections législatives anticipées, il lui faudrait trouver de nouveaux alliés au-delà des rangs du PASTEF désormais dominé par Sonko.
L’ancienne coalition de Macky Sall pourrait à cet égard jouer un rôle déterminant. Plusieurs courants semblent aujourd’hui coexister au sein de l’APR : une partie pourrait se rapprocher du président Faye, une autre demeure fidèle à Macky Sall, tandis qu’un troisième groupe se structure progressivement autour de l’ancien Premier ministre Amadou Bâ.
La politique étrangère comme ressource stratégique
Dans ce contexte, la politique étrangère est devenue un levier majeur pour le président Faye. Alors que ses marges de manœuvre intérieures se sont réduites, la diplomatie lui offre encore d’importantes capacités d’initiative.
Le Sénégal demeure l’un des acteurs diplomatiques les plus actifs du continent africain. Il entretient des relations équilibrées avec une grande diversité de partenaires, qu’il s’agisse de l’Europe, des États-Unis, de la Russie ou de la Chine.
Le pays continue également de développer des liens étroits avec plusieurs États du monde musulman, notamment le Maroc, le Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Turquie. Dans le même temps, il conserve sa relation historique avec Israël, fidèle à sa tradition de diplomatie pragmatique et équilibrée.
Les fondements de la politique étrangère sénégalaise demeurent inchangés : intégration régionale, multilatéralisme, équilibre entre Nord et Sud, entre Est et Ouest, ainsi qu’un engagement constant en faveur de la paix et de la stabilité.
Cette stratégie a récemment porté ses fruits. En juillet 2026, le général Birame Diop a été élu président de la Commission de la CEDEAO, tandis que Bassirou Diomaye Faye a pris la présidence de l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation. Ces succès renforcent l’influence du Sénégal dans une période marquée par les défis sécuritaires et les recompositions régionales en Afrique de l’Ouest.
Les Jeux Olympiques de la Jeunesse : un levier de transformation nationale
Au-delà des succès diplomatiques que le Sénégal pourrait enregistrer sur la scène internationale, l’année 2026 lui offre une autre opportunité exceptionnelle de renforcer sa visibilité mondiale : l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse à Dakar. Du 31 octobre au 13 novembre 2026, près de 2 700 athlètes issus de plus de 200 comités nationaux olympiques sont attendus à Dakar, Diamniadio et Saly. Pour la première fois dans l’histoire du mouvement olympique moderne, une compétition olympique se tiendra sur le continent africain. L’attribution des Jeux par le Comité international olympique en 2018 constitue ainsi non seulement une reconnaissance des ambitions sportives du pays, mais également de sa stabilité politique et de ses capacités organisationnelles.
Les Jeux portent un double message. La devise officielle, « L’Afrique accueille, Dakar célèbre », souligne à la fois leur dimension nationale et continentale. Pour l’Afrique, ils représentent une étape historique et ouvrent la voie à l’accueil de futurs grands événements internationaux sur le continent. Pour le Sénégal, ils offrent l’occasion de réaffirmer de manière visible son rôle de carrefour politique, économique et diplomatique en Afrique de l’Ouest. L’organisation des Jeux contribue également à renforcer l’image de Dakar comme partenaire fiable pour les organisations internationales, les investisseurs et les États étrangers.
Les Jeux Olympiques de la Jeunesse illustrent en outre de manière particulièrement concrète les ambitions de la Vision Sénégal 2050. Les investissements réalisés dans les infrastructures s’inscrivent dans une stratégie de développement à long terme. La rénovation du stade Iba Mar Diop, la construction d’un complexe olympique de natation, l’aménagement du village olympique au sein de l’Université Amadou Makhtar Mbow à Diamniadio ainsi que l’utilisation d’infrastructures majeures déjà existantes, telles que le Train Express Régional (TER), le Bus Rapid Transit (BRT), l’aéroport international Blaise Diagne ou encore le stade Abdoulaye Wade, témoignent de l’articulation entre les Jeux et la modernisation du corridor urbain Dakar-Diamniadio.
Les effets attendus dépassent toutefois largement le seul domaine des infrastructures. Les Jeux doivent contribuer à stimuler le tourisme, attirer l’attention internationale sur le pays et favoriser de nouveaux investissements. Ils participent également au développement du capital humain, qui constitue l’un des piliers centraux de la Vision Sénégal 2050. Des initiatives comme « En route pour les JOJ » permettent de former de jeunes Sénégalais dans des domaines tels que la gestion d’événements, la communication, le marketing sportif ou encore la durabilité. À cela s’ajoutent la mobilisation de volontaires à l’échelle nationale ainsi que des programmes de promotion du sport et de l’éducation olympique dans les quatorze régions du pays. Dans un État où près de 70 % de la population a moins de 35 ans, cette dimension revêt une importance particulière.
À bien des égards, les Jeux Olympiques de la Jeunesse concentrent ainsi plusieurs thèmes centraux de ce rapport. Ils associent les investissements dans les infrastructures au développement du capital humain, favorisent l’innovation et la transformation numérique, renforcent la cohésion sociale et accroissent la visibilité internationale du Sénégal. Ils traduisent également l’ambition du pays de consolider son rôle de hub régional et de pôle de stabilité en Afrique de l’Ouest. À ce titre, les Jeux représentent bien davantage qu’un simple événement sportif : ils constituent un jalon majeur en matière de crédibilité et de développement.
Si le Sénégal parvient à organiser les Jeux conformément aux ambitions affichées, Dakar 2026 pourrait devenir le symbole de la capacité du pays à concilier, malgré les tensions politiques et les défis économiques, développement à long terme, ouverture internationale et stabilité politique.
Conclusion
Les deux premières années du pouvoir de Bassirou Diomaye Faye ont montré que le changement politique au Sénégal est loin d’être un processus linéaire. Aux espoirs suscités par l’alternance de 2024 ont succédé des défis économiques, des tensions institutionnelles et une profonde recomposition du paysage politique. La rupture entre Faye et Sonko a illustré la difficulté de concilier ambition réformatrice, contraintes budgétaires et attentes sociales élevées.
Pour autant, le Sénégal continue de démontrer la résilience de ses institutions et sa capacité à gérer les conflits politiques dans un cadre démocratique. Les prochaines années permettront de déterminer si les ambitions de la Vision Sénégal 2050 peuvent être traduites en résultats tangibles. Si tel est le cas, le pays pourrait consolider sa position de pôle de stabilité démocratique et de partenaire incontournable en Afrique de l’Ouest. Dans une région marquée par de fortes incertitudes, la capacité du Sénégal à conjuguer réforme, stabilité et ouverture au monde demeure son principal atout stratégique.
Thèmes
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Bureau de la Fondation au Sénégal et en GambieÀ propos de cette collection
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