KAS/Hermann Boni

Facts and Findings

Revue Paix & Sécurité en Afrique Subsaharienne

Les offres et espaces alternatifs de production de la sécurité en Afrique de l’ouest et centrale

Ce numéro est consacré à l’étude des offres et espaces alternatifs de production de la sécurité en Afrique de l’Ouest et centrale, en mettant en exergue les informalités et complémentarités locales à l’action des Forces de défense et de Sécurité (FDS).

La paix et la sécurité sont considérées comme des domaines réservés de l’État. La puissance publique, détentrice du monopole de la violence légitime et pourvoyeuse de quiétude pour les citoyens, par le contrat social. Sur cette base, tous les acteurs partagent en commun une solution de principe : la constante du fait militaire et sa prévalence dans la quête de la sécurité.

Mais les mutations contemporaines liées aux défis sécuritaires (terrorisme, guerres asymétriques, nouveaux conflits armés, cyberguerre, etc.) ont rendu possible l’implication de nouveaux acteurs qui, en dehors de l’État, des organisations internationales (l’ONU dans le cadre de la sécurité collective) et régionales (UA et les CER dans le cadre de la sécurité régionale) apportent des services de sécurité en étant des acteurs non-étatiques (entreprises de sécurité, ONGs, confréries de chasseurs, comités de vigilance, etc.).  

La sécurité d’un État en temps de paix comme en temps de guerre, ne repose plus ainsi sur les seules forces militaires ou paramilitaires, en raison de l’évolution des différentes formes de menaces auxquelles s’adaptent les réponses. 

La réussite de la mission sécuritaire dans un pays s’apparente désormais à une conjugaison des forces civiles et militaires et si possible, un recours à l’expertise des communautés qui développent de plus en plus, des réflexes et des savoir-faire en l’absence de présence militaire ou paramilitaire afin de se prémunir contre les dangers.          

Cependant, au regard de la complexité de la question et des nombreuses inquiétudes, réserves et même défiances qu’elle pourrait soulever dans le rang des acteurs traditionnels, garant de l’ordre public, il importe de réaliser un état des lieux qui évalue les espaces alternatifs de production de la sécurité, des voies peu ou encore inexplorées, en reposant par ricochet, le débat de la participation des civils au maintien de la paix dans les communautés.

 

A travers les questionnements ci-après qui ne sont pas exhaustifs, l’implantation et l’importance dans les communautés, de forces de sécurité civile ou d’institutions d’autodéfense seront analysées, à l’aune d’une expérience africaine de construction de l’État postcolonial, en proie à toute sorte de violence et où les ripostes armées permanentes menées tant par les formations militaires internationales que par les armées locales, n’ont pu, jusque-là, produire un environnement de paix durable.

- Quel est l’état des lieux des mécanismes de défense par les communautés elles-mêmes de leurs territoires ? Quels sont les atouts et inconvénients des pratiques d’autodéfense au regard du caractère évolutif des stratégies d’action des organisations criminelles ?

- Quelle inquiétude d’encadrement juridique peut soulever l’émergence et la consolidation de telles pratiques ?

- Quelle évaluation advient-il de faire des modes opératoires déjà en cours en Afrique de l’Ouest et centrale ? Existe-t-il une possibilité de collaboration fonctionnelle entre les forces de défense et de sécurité et les groupes d’autodéfense ?

- Quels rôles peuvent jouer les pesanteurs socio-culturelles dans le développement des espaces alternatifs de production de la sécurité ?

- Quels rôles peuvent jouer les différentes couches de la société dans la veille sécuritaire citoyenne ?

- Le processus de construction de l’État et de la Nation peut-il est compatible avec cette approche communautaire et de la sécurité ?

- La mise en place d’une réserve opérationnelle et/ou d’une réserve citoyenne adossée à cette approche locale, peut-elle faciliter la constitution d’une offre de sécurité plus complète ?

About this series

The series informs in a concentrated form about important positions of the Konrad-Adenauer-Stiftung on current topics. The individual issues present key findings and recommendations, offer brief analyses, explain the Foundation's further plans and name KAS contact persons.

 

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Konrad Adenauer Stiftung SIPODI

ISBN

ISSN 1659-5246

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207

Dr. Kristin Wesemann

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