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Analysen und Argumente

Comment fonctionne la Facilité européenne pour la paix ?

Procédures administratives et enjeux politiques

Après la première étude sur la nouvelle Facilité européenne pour la Paix (FEP) et la seconde sur les réactions africaines, le Programme de Dialogue sur les politiques sécuritaires en Afrique subsaharienne (SIPODI) de la Fondation Konrad Adenauer et le Groupe de recherche et d’information sur la Paix (GRIP) de l’Observatoire Boutros Ghali pour la Paix (OBG) lancent officiellement une troisième étude avec, cette fois, une interrogation non moins pertinente : comment fonctionne – concrètement – la Facilité européenne pour la Paix ? Cette étude fait une incursion au cœur des procédures administratives et enjeux politiques de la FEP. En changeant l’action de l’UE, la FEP n’est doute pas octroyée par un simple claquement de doigts aux pays demandeurs. Encore faudrait-il que la nécessité de sa mise en œuvre réponde pertinemment aux besoins sécuritaires et diplomatiques identifiés par les Etats membres de l’UE. En effet, l’octroi de la FEP fait l’objet d’une procédure minutieuse allant de la gestion des mesures d’assistance aux sanctions en passant par les conditions de l’aide et les contrôles subséquents. En vue de susciter des échanges et des dialogues féconds autour de ce nouveau produit, des experts, des chercheurs, des professionnels du monde de la sécurité internationale et de la diplomatie ainsi que le public intéressé croisent les verres sur cette troisième étude. Vous lirez régulièrement les commentaires, des réflexions et les discussions aussi riches que variés sur l’ensemble de nos réseaux et canaux de communication.

La Facilité européenne pour la paix (FEP) est un nouvel instrument financier appelé à modifier l’action de l’Union européenne (UE) sur la scène sécuritaire internationale. Elle doit plus précisément changer la manière dont l’UE coopère avec ses partenaires dans le domaine de la défense. À ce titre, la Facilité est particulièrement importante pour l’Afrique. Ce continent, en effet, est l’une des cibles privilégiées des mesures d’assistance militaire de l’Union. Les acteurs africains impliqués dans des opérations de paix ou dans la lutte contre le terrorisme pourraient être directement impactés par les nouveautés introduites par la FEP. Ils ont dès lors tout intérêt à en appréhender les enjeux et les procédures.

 

La Facilité demeure à ce jour mal connue au sud de la Méditerranée et du Sahara. Pourtant, avant qu’elle ne soit adoptée, en 2021, elle avait fait l’objet d’un long et intense débat en Europe. Mais ce débat n’a eu qu’un faible écho en Afrique. Les Européens n’ont communiqué vers l’extérieur que de manière limitée à son sujet, alors que de leur côté, les institutions africaines ne se sont intéressées que tardivement et partiellement aux enjeux qui étaient discutés à Bruxelles. Résultats : lors du Forum de Dakar qui s’est tenu les 6 et 7 décembre 2021, soit huit mois après l’adoption définitive de la FEP par l’UE, les leaders et les chef d’États africains présents découvraient l’existence de cet outil non sans un certain étonnement, tout en ignorant toujours ses contours, ses caractéristiques et son fonctionnement.

 

C’est pour tenter de remédier à ce manque de communication entre l’UE et l’Afrique qu’à la fin de 2020, la Fondation Konrad Adenauer et l’Observatoire Boutros-Ghali du maintien de la paix ont lancé une série d’études sur la FEP, dans le but de mieux la faire connaître. La première étude s'est focalisée sur les caractéristiques de l’instrument, sur le changement de paradigme qu’il comporte et sur le long débat qui l'a accompagné en Europe . La deuxième étude a changé de perspective, et s'est focalisée sur la manière dont la Facilité européenne pour la paix a été accueillie en Afrique une fois que les Africains ont eu écho de son existence .

 

Ce troisième article sur la FEP se veut cette fois-ci plus concret et moins théorique. Il vise à décrire comment fonctionne la nouvelle Facilité tant d’un point de vue administratif que d’un point de vue politique. Un tel objectif peut apparaître aux premiers abords rébarbatif. S’aventurer dans les méandres institutionnels et procéduriers de l’UE n’est pas chose facile. Pourtant, cet exercice est politiquement parlant. Derrières les normes administratives et procédurales qui régissent la Facilité, en effet, se cachent les choix fondamentaux que les Européens ont fait au sujet de leur coopération militaire et sécuritaire, notamment avec l’Afrique.

 

Pour cerner cet enjeu, l’étude entend ainsi se focaliser tant sur les procédures administratives de la FEP que sur les considérations politiques qui régissent la prise de décision et la gestion de l’outil. L’étude examinera en outre comment l’UE entend conditionner politiquement l’aide qu’elle fournira à ses partenaires.

 

Avant tout cela, cependant, une mise en contexte est nécessaire. Le paragraphe qui suit se chargera de rappeler brièvement quelles sont les nouveautés introduites par la Facilité, et en quoi elles changent la nature de la coopération sécuritaire entre l’Union européenne et l’Afrique. Pour saisir les choix administratifs et procéduraux adoptés dans le cadre de la FEP, en effet, il est indispensable de bien comprendre les évolutions politiques que cet outil apporte par rapport aux instruments qui l’ont précédé.

Über diese Reihe

Die Reihe informiert in konzentrierter Form über Analysen der Konrad-Adenauer-Stiftung zu relevanten aktuellen Themen. Die einzelnen Ausgaben stellen zentrale Ergebnisse und Empfehlungen eigener und externer Expertinnen und Experten vor, bieten Kurzanalysen von rund fünf Seiten und nennen KAS-Ansprechpartnerinnen.

Dr. Kristin Wesemann

Dr

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Sophie Steybe

Referentin Publikationen

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